Belles histoires

Detox de raisin

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Ça se bouscule en cette rentrée (déjà bien avancée)… beaucoup de boulot, plein de projets, d’idées et d’envies. Chez vous aussi ?

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas de textile dont je vais parler aujourd’hui. La rentrée m’amène avec un sujet santé (sérieux mais léger).

En pleine reprise d’activité, je me suis accordée début septembre 3 jours en Périgord au Gîte du Soi, pour une pause yoga-détente-détox, dont je me propose de vous parler ici.

Une amie m’avait parlé de cet endroit un peu à part, ressourçant, et également de la personnalité si accueillante de la propriétaire, Marie-Annette, professeure de yoga, en prime.

Son envie de participer à une retraite monodiète m’a contaminée et nous voilà parties, premier weekend de septembre, pleines de motivation et, en même temps, d’appréhension à l’idée de tenter cette expérience d’un genre nouveau pour nous.

Il semble que j’ai fait du chemin depuis cet article de 2017 (dans lequel je vantais les beignets d’acacia ) et la cure de raisin de 2022. Un grand écart, non ?

De ce que nous en avions entendu dire, la cure monodiète de raisin pouvait être difficile physiquement ou émotionnellement. Autant dire que nous sommes arrivées sages, bien préparées et très humbles chez notre hôte.

Si ça vous intéresse, vous trouverez dans cet article, ce que nous avons fait avant d’arriver à la retraite, ce que nous avons ressenti pendant les 3 premiers jours, pourquoi nous avons voulu continuer jusqu’à 7 jours de cure, et enfin les bénéfices acquis à long terme.

Je vous la fais courte : c’était puissant, on recommencera l’année prochaine !

Si vous aussi êtes tenté.e.s de vivre cette expérience, mettez toutes les chances de votre côté en respectant les 4 points suivants :

1. SE FIXER UN OBJECTIF 

…et le prononcer par oral dès le début et aussi souvent que possible pour bien s’en imprégner et conserver la motivation intacte tout au long de la cure. Un peu en méthode Coué !

Et puis, très important, se visualiser dans la réalisation de son intention.

Pour ce qui me concerne, les vacances d’été avaient été formidables mais peu reposantes, et le mois d’Août m’avait ramenée à plat à la maison.

La perspective de commencer une nouvelle saison déjà sur les rotules, avec le foie en vrac, et probablement une immunité assez basse, ne m’enchantait guère.

La cure était le point de départ d’une volonté d’améliorer ma santé de l’intérieur et de retrouver une belle énergie, parée à entamer ces mois de froid et peut-être aussi de stress devant les évènements toujours plus tragiques que nous servent les médias. (Note à moi-même : arrêter de regarder ou écouter les infos, trop toxiques !)

Mon objectif assumé avec conviction : remettre de l’énergie dans ce corps et cette tête !

Il aurait aussi pu être : détoxiner mon corps, perdre du poids, me recentrer sur moi, m’accorder une pause dans tous les sens du terme, découvrir et expérimenter, etc…

Et voilà comment ça se passe concrètement :

2. SE PREPARER EN AMONT

2 à 3 jours avant le début de la cure, commencer à réduire le sucre et le gras s’avère une bonne idée pour mettre son organisme au repos en douceur.

Cela permet aussi de se préparer mentalement à entrer dans cette parenthèse monodiète que nous ne vivons pas tous de la même manière.

Tout d’abord, éliminer les protéines animales, les féculents, les céréales industrielles du petit déjeuner (ou au moins les réduire en quantité).

Consommer plutôt des fruits et légumes, crus ou cuits, des noix et fruits à coque, si possible en bio.

Eliminer les boissons énergisantes, thé et café des habitudes du matin et de fin de repas.

Drainer ses intestins avec des tisanes non sucrées, ajouter de la poudre de graines de lin aux salades de crudités, ou du psyllium blond.

3. ENTRER DANS LA CURE

Prévoir 1,5kg à 2kg de raisin bio par jour et par personne. En acheter plusieurs kilos, de plusieurs variétés, pour tenir au moins 3 jours, afin d’éviter les magasins et leurs tentations pendant la première période de monodiète, censée être la plus délicate.

Manger autant de raisin que nécessaire, à autant de reprises que souhaité. L’idée est d’éviter la sensation de faim et les heures de repas qui nous rappellent à nos reflexes alimentaires.

Pour cela, la technique imparable de Marie-Annette était d’en disséminer partout où nous allions, cuisine, salon, salle à manger, salle de yoga, dans le jardin, en balade, etc…

Bien mâcher la peau et les pépins si on le peut. En cas d’inconfort intestinal ou de muqueuses fragiles, ôter ou réduire l’ingestion de peau et de pépins.

Boire du jus de raisin fait maison à l’extracteur, sinon s’abstenir car les jus de raisin du commerce ont trop d’additifs et de sucres ajoutés.

L’eau de source et l’eau chaude hydratent votre corps, en boire autant que nécessaire, pas de restriction.

Boire coupe la faim, toujours garder de l’eau à disposition.

Rester en mouvement, lent ou rapide, c’est vous qui voyez en fonction de votre énergie du jour et du moment. Balade, yoga, taï-chi, qi-gong, vélo, natation. De la douceur et de l’écoute.

Respirer. Respirer. Respirer.

Mâcher. Mâcher. Mâcher.

Dormir. Dormir. Dormir.

4. SORTIR DE LA CURE

Lorsque vous décidez de reprendre une alimentation diversifiée, il va falloir habituer progressivement son corps à ce nouveau changement.

De la même manière que nous avons décéléré, nous allons réaccéléré petit à petit, et peut-être même plus lentement qu’à l’entrée dans la cure, suivant comment notre corps réagit.

Tout d’abord en introduisant des légumes cuits aux premiers repas, si possible un seul à la fois, avec des bouillons, des soupes de légumes, gaspacho, ou salade verte.

Le raisin est à conserver encore pendant quelques jours, par exemple au petit déjeuner, entres les repas, en encas, en coupe-faim.

Ensuite, les jours suivants, tranquillement ajouter des crudités sans imposer une trop grande variété à l’estomac.

Ajouter des noix, fruits à coques comme les amandes, les noisettes, les graines de tournesol.

Viennent ensuite les laitages, en commençant par les yaourts natures et le kéfir si vous aimez cela.

Seulement à la fin, les aliments moins digestes ou plus longs à assimiler pour l’organisme, comme les féculents, les oeufs ou les protéines animales.

Puisque l’estomac a vécu pendant plusieurs jours à bas régime, il vous dira très rapidement quand c’est trop en quantité ou trop lourd.

Globalement, une reprise alimentaire peut prendre autant de temps que la cure elle-même. Ça a été mon cas. 3 jours de préparation, 7 jours de cure, et 7 jours de reprise en douceur.


Notre endroit pour faire du yoga au petit matin, voir le soleil se lever et sentir l’herbe fraîche sous nos pieds.

 

 

 

Quelques images du hameau charmant de Marie-Annette, perché (le hameau, pas la maîtresse des lieux ^^) sur sa colline périgourdine !

Enfin, si vous faîtes partie de celles et ceux qui se posent encore plus de questions et qui, comme moi, auraient besoin de réponses avant de signer, en voici une petite liste non exhaustive :

  • comment cette cure fonctionne-t-elle ?
  • quelles sont les propriétés du raisin et pourquoi choisir cette monodiète en particulier ?
  • quelle durée dois-je prévoir ?
  • cette cure est-elle faite pour moi ?
  • quels en sont les bénéfices ?
  • cette cure est-elle difficile ou douloureuse ?
  • comment cette cure fonctionne-t-elle ?

L’objectif de cette cure est de mettre l’estomac et les intestins au repos. En revanche, le foie et les reins, eux, sont plus sollicités, pour éliminer, drainer, détoxiner.

De plus, l’organisme consommant peu d’énergie pour la digestion, il est en pleine capacité pour d’autres aspects de son fonctionnement, comme la régénération, le développement des sens, la vitalité notamment.

 

  • quelles sont les propriétés du raisin et pourquoi choisir cette monodiète en particulier ?

Le raisin est riche en eau et en fructose naturel, en vitamines A, B et C, en antioxydants, en fer, en sels minéraux, en polyphénols, flavonoïdes et resveratrol. Oui oui tous ces trucs qu’on retrouve dans nos produits de beauté et compléments alimentaires anti-vieillissement cellulaire archi chers.

Avec tous ces bons composants, le raisin a une action dépurative (reins, intestins, peau), revitalisante, alcalinisante (pour ceux qui ont un déséquilibre acido-basique) et antioxydante.

Très complet, le raisin était déjà consommé par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, 4000 ans avant notre ère, c’est dire sa longévité.

Sélectionner du raisin bio à parfaite maturité et si possible de plusieurs variétés, pour éviter la lassitude d’un aliment unique. On apprécie alors davantage les goûts, les textures et même les pépins comme jamais auparavant.

 

  • quelle durée dois-je prévoir ?

1 jour c’est déjà un bel effort pour une première fois !

Mais accompagné et surtout porté par l’énergie d’un groupe, c’est très facile d’atteindre les 3 jours sans les avoir vus passer.

Nous souhaitions aussi, pour une première fois, nous faire accompagner et pouvoir poser toutes nos questions à une personne expérimentée. J’en profite pour remercier ici Marie-Annette, notre guide, pour ses bons soins et précieux conseils.

Son conseil : que vous le fassiez seul ou accompagné, faites les choses en douceur, et respectez les consignes d’entrée et de sortie de cure.

Si vous passez le cap des 3 jours, poussez jusqu’à 5, 7 ou 10 jours. Certaines personnes la continuent jusqu’à 3 semaines.

Le plus difficile, en tout cas pour moi, a été de revenir dans « la vraie vie » et de partager les repas avec les autres membres de ma famille et amis. Ce n’est pas le moment d’accepter des invitations ou d’en lancer, d’autres moments tournés vers l’extérieur seront plus propices ultérieurement.

 

  • cette cure est-elle faite pour moi ?

Cette monodiète de saison (Septembre est idéal car c’est la meilleure période pour le raisin mûr) peut être suivie par tous, dès l’instant qu’elle vous appelle et aiguise votre curiosité. MAIS, elle est déconseillées aux femmes enceintes et allaitantes, aux diabétiques, et personnes aux reins fragiles. D’une manière générale, n’hésitez pas à en parler préalablement à votre médecin ou naturopathe.

 

  • quels en sont les bénéfices ?

-une peau plus belle et lumineuse,

-une sensation de légèreté,

-une énergie décuplée, tonus et joie (personnellement j’ai même ressenti une étonnante euphorie à laquelle je ne m’attendais pas),

-un corps qui se régénère et élimine les toxines,

-une perte de poids qu’on peut reprendre si on n’opère pas de changement alimentaire ensuite.

 

  • cette cure est-elle difficile ou douloureuse ?

On nous avait parlé de fatigues passagères et de sensations de faim ponctuelles pendant les 3 premiers jours, avant que l’organisme se soit défait de ses anciennes habitudes et ait trouvé son rythme de croisière. Alors les bénéfices prendraient le pas.

Certaines personnes peuvent aussi ressentir plus fortement les effets de la détox du corps (sensations de nausée, maux de tête, boutons sur le visage, transit accéléré ou constipation).

Certaines allergies pourraient être réactivées par l’effet de la detox (psoriasis, eczéma, …) et dans le même ordre d’idée, certaines émotions remonteraient à la surface et viendraient déstabiliser l’équilibre par moment. 

Pourtant, en ce qui me concerne, je n’ai pas eu faim une seule fois pendant ces 3 premiers jours, et j’ai observé rapidement une joie de vivre et une énergie hors de ma norme.

 

  • faut-il être complètement taré ou embrigadé dans une secte pour s’adonner à cette pratique dont aucune donnée scientifique ne prouve l’efficacité ?

Ce n’est pas obligatoire ^^, mais vous faîtes bien comme vous voulez ! Cela dit, pour les données scientifiques, aucune étude ne prouve non plus que cette cure soit néfaste pour le corps. J’ajoute qu’il n’était rien écrit d’incongru ou d’ésotérique dans le petit guide sur la cure de raisin. Rien ne nous a non plus paru suspect chez notre hôte ni les autres femmes du groupe. Et à part quelques danses endiablées pour que les corps s’expriment autour des tapis de yoga multicolores (alors là, j’ai des photos mais je ne les afficherai pas !), aucune folie ordinaire n’est venue troubler ce doux paradis.

ET LE MEILLEUR POUR LA FIN …

Credit Photo : Gunter Hoffmann Unsplash

Pour finir, vous vous demandez sûrement pourquoi avoir voulu prolonger l’expérience de monodiète de raisin au delà des 3 jours de retraite chez Marie-Annette ? 

Le principe de notre retraite était de nous soumettre à une cure de raisin de 3 jours. Pas de la prolonger au-délà.

Pourtant, contre toute attente, cela a été si simple d’entrer dans la cure et les effets ont été si vite si positifs, que j’ai souhaité la prolonger par défi.

 

Pour voir si cet effet galvanisant allait continuer, comment mon corps allait le vivre, comment ma tête aussi allait l’accepter, rencontrer mes limites.

La cure s’est pourtant rapidement compliquée à mon retour à la maison, quand il a fallu composer avec les habitudes alimentaires des autres, les odeurs dans la cuisine, le frigo rempli de choses qui m’étaient encore interdites pour plusieurs jours et qui ont commencé à me faire envie. Vivre dans sa bulle facilite grandement la cure. Revenir aux composantes de la réalité la rend plus difficile à faire durer. J’ai tenu 4 jours de retour chez moi.

Enfin, j’ai découvert, à prêter 100% d’attention à mon corps pendant plusieurs jours, qu’il gagne beaucoup à réduire l’alimentation et l’apport énergétique. On dit souvent que la nourriture est rassurante et que les plats roboratifs redonnent de l’énergie, surtout en hiver. Mais j’ai constaté plutôt le contraire ! Et pourtant ce que le Périgord avait à nous offrir en plats copieux et en spécialités culinaires aurait pu nous distraire de notre objectif ! 

Voilà ma leçon personnelle : ce qui réchauffe le corps c’est le mouvement, en tout cas davantage que la chaleur produite par la digestion de plats trop riches ou trop copieux.

Un estomac trop rempli met des heures à tout digérer et à stocker ce qui n’a pas pu être éliminé. C’est justement en lui en donnant moins à digérer, qu’il entre en pleine possession de ses moyens et peut fournir de l’énergie à autre chose. Cela ne résout pas tous les problèmes, mais cette cure allège le corps, en même temps que l’esprit. L’état de clarté mentale observé permet une meilleure vision des décisions à prendre, une plus grande ouverture spirituelle, et finalement une belle sensation d’harmonie en soi.

Depuis, je me sens vraiment affinée et plus légère, avec un meilleur transit, mais aussi ma vitalité a été boostée, j’ai moins besoin de sommeil. Je me sens recentrée, et étrangement plus optimisme. Bref que du plus. Et si j’ajoute en prime le plaisir de se laisser vivre au gré des envies de partages et de papotages dans un merveilleux et harmonieux groupe de femmes, c’est la cerise sur le gâteau (que personne n’a mangé bien entendu!).

Je vous conseille si vous souhaitez le faire, au moins la première fois, de ne pas vous priver du luxe que représente une retraite !

Et puisque je suis ici pour ne rien vous cacher, j’ai aussi poussé l’expérience de nettoyage intérieur jusqu’à accepter une purge intestinale* à l’eau tiède proposée par Marie-Annette en début de cure. Un brin réticente au début, et anxieuse aussi, à propos de cette pratique pourtant ancestrale, j’ai apprécié dès les instants qui ont suivi un regain d’énergie, un teint plus clair et défatigué, ainsi qu’un ventre extra plat et souple.

Pour compléter ce nettoyage de l’intérieur, en fin de séjour un plouf dans la Dordogne est venu, comme un bain de jouvence, continuer de purifier mon organisme et le reminéraliser.

Quelle merveille cette rivière d’eau fraîche et ses galets glissants sous les pieds… je m’y replonge en pensée dès que je peux !

Pour moi, cette expérience a été un véritable cadeau fait à mon corps et à ma tête.

Depuis, j’ai eu envie de modifier ma manière de m’alimenter, plus sainement, ainsi qu’améliorer mon hygiène de vie d’une manière générale.

Sur les conseils de Marie-Annette, j’ai opéré de vrais changements dans mon quotidien : le nettoyage des muqueuses (nez, bouche, langue) au réveil chaque matin, le massage du ventre (dans le sens des aiguilles d’une montre), le yoga matinal (même peu, seules quelques salutations au soleil et quelques torsions me suffisent), la marche, les temps de respiration, la méditation active, la pleine présence.

Quant à l’alimentation, nous avons fait à notre retour un crochet par « les Jardins de Sainte Hildegarde » , pour repartir les bras chargés d’ingrédients et de nouvelles recettes découvertes dans ce magnifique ouvrage de sa créatrice Marie-France Delpech : Cuisiner avec Hildegarde.

Si ce sujet vous intéresse, je vous en reparlerai une prochaine fois !

Je souhaite que cette expérience vous éclaire, réponde à vos questions, vous fasse même poser des questions là où vous ne vous en posiez pas, et pourquoi pas vous convertisse aux bienfaits de cette monodiète de raisin… pourquoi pas, la saison du raisin n’est pas terminée, il est encore temps !

Si vous avez des commentaires, je suis ouverte à la discussion !

Refermons maintenant cette parenthèse, car il est temps pour moi de reprendre mes activités textiles et de vous parler tout bientôt de l’or vert qui nous vient de la mer …

 

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Voici les coordonnées du Gîte du Soi* : Marie-Annette Beyne / Falgueyrat / 24480 Le-Buisson-de-Cadouin

Retrouvez toutes les photos, les formules séjours, et les propositions de notre hôtesse sur son site internet* : week-ends à thèmes, cuisine-santé, temps pour soi, conseils naturo, cours de yoga, …


Le petit guide bien fait et qui nous a suivies pendant la cure, c’est ici*.

Et, pour les bonnes résolutions, retrouvez la nourriture de la joie de Marie-France Delpech, dans le Podcast Métamorphose, ainsi que dans son dernier livre : Cuisiner avec Hildegarde.


Credit photos : Gunter Hoffmann pour Unsplash / https://bio-c-bon.eu/fr / photos du gîte The Chatterbox Club

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Les 6 meilleurs Podcasts de Keums

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S’il est bien un domaine dans lequel les femmes ont pris une véritable avance, c’est l’univers du PODCAST.
Pourquoi le podcast est-il devenu la nouvelle aire de jeux des femmes ?

Certainement parce que, comme nous nous en faisions la remarque entre amies, c’est un media facile d’accès, gratuit, sans investissement trop couteux, qui se prête particulièrement à l’intime, à l’empathie, des valeurs plutôt féminines. Enfin, et peut-être surtout, les femmes se permettent-elles d’investir le podcast parce que c’est un terrain à défricher et qu’elles n’ont pas à obtenir l’aval d’une autorité masculine pour cela, ce qui enlève déjà quelques freins.

UN AN APRÈS…

Il y a tout pile un an, j’avais partagé ici mes 5 découvertes podcasts … exclusivement des éditions féminines. Et à l’époque, je ne m’étais pas posé la question du genre… J’en avais écoutés beaucoup des podcasts, mais les sujets, le ton, les contenus qui me touchaient étaient féminins et puis c’est tout.

Cette année, les choses ont peut-être évolué en ce qui me concerne.

Le nouveau #féminisme, mot phare de 2017-2018, porté par les mouvements #balancetonporc #metoo a mis le feu aux poudres. Sinon au coeur de toutes les conversations, du moins à l’esprit de chacun et chacune, toutes générations confondues, le féminisme s’est refait une santé et s’est émancipé de ses encombrants et négatifs auxiliaires que sont la « violence », la « domination » et le « sexisme ».

Avec les tee-shirts «WE SHOULD ALL BE FEMINISTS» de Dior, la mode s’est emparé du phénomène et l’a normalisé. Plus aucune femme n’a aujourd’hui honte de dire qu’elle est féministe, et il ne viendrait à personne l’idée de l’en dissuader. Les femmes ont fait un grand pas en avant.

LA QUESTION DES FEMMES

Si la question des femmes (leurs droits, leur voix, leurs chances, leur place, leur rôle) se posent dans nos sociétés, je me suis demandée ce que les hommes aimaient à raconter et faire découvrir via les podcasts (en déhors des podcasts politiques, sportifs ou geek qui font la part belle à la gente masculine).

Le podcast masculin est-il plus subversif, poignant ou trash que le podcast féminin ? ou est-ce le contraire ? y a-t-il des différences de ton, de fond, entre ces deux espèces ?

LA RÉPONSE DES HOMMES

C’est donc à la recherche de podcasts exclusivement de mecs (mais souvent soutenus par une caution féminine sous la forme d’une invitée ou d’une rubriqueuse) que je me suis lancée depuis quelques semaines. Je me propose de vous partager mes découvertes à nouveau, cette année dans la version #themtoo 😉

Un petit nouveau dans le panorama.
En toute simplicité et avec une grande humilité (et dérision) masculine, Cyrus et Tom auto-érigent « LE MEILLEUR PODCAST » en meilleur podcast entre tous, dont acte !

L’objectif est de nous faire découvrir le meilleur de tout. Les deux premiers épisodes me semblent relever le défi haut la main… avec une parole libre, un ton léger, souvent drôle, et des experts (ou presque) affutés. Le temps d’écoute n’est ni trop long (on ne se lasse pas) ni trop court (on n’effleure donc pas le sujet).

Un conseil : 45mn tous les jeudis. Le premier épisode est un débat, hautement philosophique et très bien documenté (sans être scientifiquement chiant), sur la meilleure façon (et la nécessité ?) d’être immortel. Même si le sujet ne vous parle pas directement, je recommande pour prendre conscience de la folie qui règne dans la Silicon Valley actuellement…

2. « NOUVELLE ECOLE »

Présenté par Antonin (qu’on ne présente plus), Nouvelle École est le podcast de ceux qui ont trouvé leur voie et qui peuvent aider Antonin à trouver la sienne … nan, Antonin, it’s a joke ! c’est pas sympa de ma part de dire ça ! d’autant que je l’adore ce garçon. Mais j’ai senti dans de très nombreuses interviews que les questions posées concernent directement des problématiques qu’il rencontre ou qu’il a rencontrées, en tout cas auxquelles il peut lui-même s’identifier.
Cela dit, il est gai, cultivé, et curieux et c’est déjà pas mal !

Un conseil : Merci Antonin pour l’épisode avec Yannick Agnel, …
et ceux avec Alice&Moi, Lisa Gachet, Solange te parle, Penelope Bagieu, Lauren Bastide, Charlotte Pudlowski, ou encore Morgane Sezalory, Mathilde Lacombe ou DeeDee.
Ah bah oui, tiens, ces sont les interviews de femmes que j’ai préférées, désolée …

Fabrice, père de deux filles, expose, analyse, questionne, investigue sur la relation  que les parents entretiennent avec leurs enfants, à différents âges de la vie, et particulièrement la relation père-fille d’ailleurs. Alors, bien sûr, je suis une fille et j’ai un père. Donc ça me parle. Mais dans l’absolu, c’est tout public : des pères bien sûr, des mères soucieuses de comprendre le point de vue des hommes, des ados pourquoi pas et des jeunes adultes qui se questionnent sur la parentalité.

Dans l’épisode du 16 avril, Fabrice est interviewé par ses deux filles. Mignon, mais j’ai lâché 29mn avant la fin (près d’une heure et demi de podcast c’est au dessus de mes forces), en revanche, de nombreux épisodes sont dignes d’une écoute attentive. Les expériences relatées sont enrichissantes et le ton des interviews est toujours positif.

Un conseil : En général format d’ 1 heure, 2 fois par mois, le lundi.
– L’épisode du 7 mai dans lequel Alain nous parle du rôle que la méditation a joué pour lui dans l’éducation de ses enfants.
– Le 17 juin, avec beaucoup de tendresse, Fabrice a amené 10 filles à parler de leur daron pour la fête des pères. Et c’était ultra touchant.

4. « VLAN »

Vlan est un podcast mené par Grégory. Chaque mardi, il interviewe des personnes éclairées et passionnées : chercheur, anthropologue, journaliste, marketers… pour prendre le pouls des évolutions de la société. Des invités ad hoc, des interviews bien menées, sans langue de bois. C’est exactement le format que j’apprécie. Beaucoup de sujets sérieux autour du marketing, de la stratégie de marché, des phénomènes comportementaux de consommation ou même des questions sociétales.

Un conseil : 30mn tous les mardis. Quelques épisodes qui m’ont plu :

  • Le Slow Web : vers une vision plus éthique d’internet
  • Mieux comprendre notre besoin de reconnexion à la nature
  • Comprendre la tendance des podcasts
  • ou encore, Le marketing manipule-t-il nos désirs ?

5. « BOUFFONS »

Guilhem, interviewer décontracté, découpe en deux parties son podcast autour de sujets culinaires, de bonnes adresses, d’histoires de familles (et souvent de business) autour de l’assiette. Plusieurs invités concourent à la réussite de ce format de 30mn, décidément la durée optimale à mon goût.

Un conseil : 30mn, tous les mercredis.
L’épisode « le nouveau vin » était très très instructif. J’ai appris plein de choses et peut-être même que ça conditionnera mes achats à l’avenir.
Pour tous ceux qui envisage la nourriture comme un véritable sujet, éthique, environnemental et même philosophique.

Chaque semaine, Guillaume (Monsieur Gallienne de la Comédie Française, que je kiffe et dont je ne me lasse pas du style inimitable) lit sur France Inter des extraits de romans et nous cultive le temps d’un bain de lecture. Faîtes couler de l’eau chaude dans la baignoire, placez quelques bougies, versez des huiles essentielles et assurez vous de bien fermer la porte. C’est parti ! Un bon moment pour se promener dans un roman (qui peut donner envie de le lire en entier).

Un conseil : 50mn tous les samedis. Episodes recommandés :

  • « Zadig ou la destinée » de Voltaire : une épopée contre la bêtise
  • « Les aventures de Tom Sawyer » : sur le chemin de la maturité
  • « L’éducation sentimentale » de Flaubert : avec Fanny Ardant
  • « Le désert des tartares » : le récit passionnant d’une quête impossible

J’ai aussi un petit SUPPLÉMENT pas dégueu pour vous :

OK je sais, placer « les couilles sur la table » juste après « ça peut pas faire de mal » c’est casse-gueule 😉 !

Mais ce podcast vaut vraiment la contorsion ! Il parle de masculinité, des hommes et de leur rôle autant que de leur fonctionnement.
2018 n’offre-t-il pas le contexte idéal pour se poser la question de la masculinité également ?
Seul hic : ce podcast est présenté par une fille !!! Il ne devait donc pas intégrer mon classement.
Victoire Tuaillon, journaliste indépendante, est rigolote, fraiche et dynamique, dans le ton autant que dans le fond. Elle cherche à savoir comment les hommes fonctionnent. Et ça, ça intéresse sûrement autant les femmes que les hommes eux-mêmes.
Elle a un débit cette Victoire ! Et en même temps, une vraie bonne diction. Elle vulgarise sans vulgarité et pose les bonnes questions.

Un conseil :  Ce podcast aide à voir les hommes autrement, votre homme, votre père, vos frères. Et si vous êtes maman de garçons petits ou plus grands, ça offre vraiment un autre éclairage sur leur rapport aux autres hommes, aux femmes ou à eux-mêmes.
J’ai commencé par le « portrait de Cédric, masculin singulier ». Emballée, j’ai enchaîné très vite avec «  la mort de l’humour sexiste ». Je vous recommande aussi « il n’y a pas de crise de la masculinité ».
Rendez-vous un jeudi sur 2. Bravo, j’en veux encore, encore, encore.

Avec tout ça, vous avez de quoi faire tout l’été.

En prime, je vous file un tuyau : j’ai craqué pour les écouteurs URBAN EARS, faciles à emporter partout, pour presque-pas-un-clou  (en ce moment à seulement 49€) !

Bonne écoute !

 

Credit Photos : URBAN EARS

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Portrait Sebastien Tesson @arretsurimage2eme

Sébastien Tesson, créateur-couturier

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Portrait Sebastien Tesson @arretsurimage2eme

photo © Géraldine Oberland @arretsurimage2eme

 

« Je suis un intuitif, quelqu’un de l’instant.
J’aime l’imprévu, faire quelque chose, juste comme ça, parce que j’en ai envie. »

Sébastien Tesson.

À travers ses « Belles Histoires », The Chatterbox Club a pour objectif de dévoiler la personnalité de créatifs qui veulent bien se prêter au jeu de l’interview, de les connaitre plus intimement, comprendre les ressorts de leur créativité, ce qui les pousse et les inspire chaque jour. Bref, passer dans leurs coulisses. Mais aussi découvrir leur parcours, leurs envies et leurs projets inspirants, partant du principe que lorsqu’on connaît bien quelqu’un, on comprend mieux son travail et son univers.

Une fois n’est pas coutume, en ces temps de #girlpower #girlboss et autres #womenempowerment, au lendemain du #iwd2018 (international women’s day), je suis partie interviewer un … HOMME.
Et pas n’importe lequel. Un homme qui fait des merveilles avec ses mains !

Bon, là je sais, j’en fais des tonnes, mais je sens que, quand même, ça a eu un petit effet sur vous ! 😉

J’avais déjà rencontré Sébastien dans sa boutique-atelier, l’année dernière. Il l’avait ouverte au public, à l’occasion des Journées des métiers d’Art. Ça défilait de monde tant la curiosité d’entrer dans les coulisses de son métier était grande. Depuis, quelques mois ont passé, mais je n’ai pas perdu de vue l’envie de renouveler une conversation plus confidentielle avec lui.

Nous y voici enfin !

photo © Géraldine Oberland @arretsurimage2eme

Son adage: « Pour savoir faire, il faut savoir être, l’un ne va pas sans l’autre » nous sert de point de départ.

Sébastien Tesson est de ces personnes passionnées, instinctives et enthousiastes.
Les 3 golden tickets des créatifs. C’est la passion des belles matières, la technicité des coupes bien faites et l’amour de l’artisanat d’art qui l’ont amené à l’univers du mariage. Ça, et aussi un professeur de dessin, parce que même empli de convictions, les rencontres sont importantes sur le chemin.
Le jour du mariage, c’est LE jour où les mariés se doivent d’être l’épicentre de l’élégance, et c’est le challenge qu’il a choisi de relever… à sa manière.

Pourquoi à sa manière ? Parce qu’il apporte à l’univers du mariage sa touche singulière, moderne mais gracieuse, sobre mais riche. Les détails qui font la différence. Ses créations sont, je peux vous le dire, le reflet de sa personnalité généreuse et solaire.

Alors, je vous emmène, on va en savoir un peu plus sur lui …

DES DÉBUTS OBSTINÉS

Sébastien considère lui-même qu’il n’avait pas forcément tous les atouts en main au départ pour se lancer le défi de réussir dans la (haute ?) couture. Sa famille est de la campagne, il est le dernier (ex-aequo avec son jumeau !) d’une fratrie de quatre, ne connaît ni de près ni de loin l’univers de la Mode et n’est issue d’aucun milieu privilégié socialement ou financièrement.
Pourtant, soutenu par ses parents, il s’accroche à ses rêves en passant par la filière professionnelle technique.

Il débarque à Paris, et une rencontre décisive va l’orienter vers le design de mode : son professeur de dessin décèle ce talent chez lui, à travers la technicité des coupes à laquelle il est attaché et le choix des belles matières qu’il maîtrise, tel un technicien de produit.
Suite du parcours estudiantin au Lycée de la Mode à Cholet, où il reviendra comme intervenant pendant 10 ans, pour repartir ensuite à Paris à nouveau.
Diplôme de modiste en poche, c’est par le chapeau que Sébastien entre dans l’univers du mariage qu’il ne quittera plus.

En 2003, il co-crée la marque Leutellier-Tesson, qui deviendra douze ans plus tard son bébé, Maison Tesson.

CRÉATIF ET ENTREPRENEUR

L’année 2018 marque un tournant pour Maison Tesson avec une offre élargie à la gente masculine, une valeur ajoutée en même temps qu’un juste retour aux premières amours de Sébastien.

Avec une formation à la couture artisanale et au savoir-faire tailleur, la confection pour hommes est une évidence pour lui, une démarche qui s’étend jusqu’aux chemises réalisées sur-mesure. Aucune concession n’est faite pour marier confort et élégance.

photo © Caroline Blanchard @thechatterboxclub

C’est un service sur mesure qu’il consacre à chacune de ses clientes :
«Je reçois les clientes moi-même bien sûr, je les appelle par leur prénom si cela ne les dérange pas. Je cultive une certaine proximité, c’est à la fois plus simple pour moi et pour elles de faire les choses de manière conviviale, sans perdre de vue cette notion de sérieux, de qualité et d’efficacité liés à l’esprit de la maison couture.»

La jeune femme est reçue entre 8 et 12 mois avant la date du mariage, pour prendre le temps d’élaborer sa robe, alors que 6 mois suffiront au costume du futur marié.
Les futurs mariés sont vus séparément, lors de séances différentes, pièces d’essayage distinctes, Sébastien reçoit les futures mariées et sa collaboratrice Clémentine s’occupe des hommes.

«Un homme s’occupe de la Femme et une femme se charge de l’Homme.  Ce n’était pas calculé au départ, mais finalement, je pense que c’est même mieux comme ça.»

Tout est 100% sur-mesure. Les robes exposées sont toutes retravaillées ou modifiées, selon la morphologie, les mesures et les proportions des futurs mariés. La personnalité compte également dans le choix de la robe ou du costume, alors «on prend le temps de se connaître pour pouvoir éventuellement dessiner et partir d’une intention, d’une page blanche.»

Sebastien Tesson portrait 2 @arretsurimage2eme

photo © Géraldine Oberland @arretsurimage2eme

 

 

 

« C’était juste une évidence. Depuis tout petit, j’ai toujours dessiné. Toujours un crayon à la main. Encore maintenant, je dessine chaque robe. J’ai besoin de ça. »

2018 : ANNÉE DU LÂCHER-PRISE

La rançon de cette proximité et de l’incarnation de sa marque le met constamment sur le devant de la scène, comme l’homme providentiel. Être ultra sollicité, ça peut être épuisant.

« J’adore les gens, mais je me fais un peu piéger par cette envie de faire plaisir. J’observe aussi que je deviens, malgré moi, quelqu’un de très impliqué dans l’organisation du mariage de mes clients et dans sa réussite.»

2018 sera l’année du lâcher-prise, avec maintenant 7 personnes dans l’équipe, Sébastien peut s’autoriser à partir un peu en vacances, et que ça continue de tourner du feu de Dieu !

 

« Je suis en quête de prendre un peu de distance, pour mieux en profiter. Je suis bien entouré, je peux déléguer. »

photo © Géraldine Oberland @arretsurimage2eme

TRAVAILLER SEUL OU EN ÉQUIPE ?

L’énergie que dégage Sébastien est contagieuse. Il est en effet bien entouré et je sens la pointe de complicité qu’il aime partager avec son équipe. Alors je gratte un peu le sujet et lui demande ce qui est le plus facile pour lui : travailler seul ou en équipe ?

« J’ai travaillé pour d’autres, pour des marques, mais j’ai toujours su que je travaillerai à mon propre projet. Je n’ai pas eu peur de créer ma marque, de réussir ou d’échouer, je ne me suis même pas posé la question. Je sais que je ne joue pas ma vie. »
Sa réponse me fait sourire … j’aime bien cette posture d’avoir des rêves plein la tête mais les pieds bien ancrés sur terre, avec toute la distance et l’humour qui le caractérisent ! « Et ça va, on fait des robes, on n’invente pas un vaccin. »

« Travailler en équipe est pour moi essentiel, je ne suis pas du tout fait pour le travail en solo. Mais pour réfléchir, créer au calme, ça vient quand ça vient et là, je ne m’interromps pas.
Si être créatif, ça venait tous les jours entre 9h et 10h, ce serait si pratique ! 🙂
S’il m’arrive de ne pas avoir l’inspiration immédiate pour une tenue, je le dis, on n’est pas des machines, j’y réfléchirai au calme et reviendrai vers ma cliente sous quelques jours. »

Sébastien n’a pas de technique, ni de routine indispensable, pas non plus besoin de contexte particulier pour entrer en phase de créativité. « Quand l’inspiration ne vient pas, je me laisse du temps. C’est tout. Puis je partage. Et on échange au sein de l’équipe, habituellement lors de la réunion du mardi matin. »

JE N’ACHÈTE PAS MA PLACE AU PARADIS !

photo © Géraldine Oberland @arretsurimage2eme

Sébastien est quelqu’un de très accessible, d’une véritable authenticité. Ça m’a frappé dès notre première rencontre. Quand je lui en fait la remarque, il s’explique: « on me le dit régulièrement, mais cette accessibilité n’est pas feinte ni contrôlée, je ne la cultive pas particulièrement, je suis juste moi. Pourquoi tout compliquer ? »

Il est cash et sans détour. Avec lui, un chat est un chat. Pourtant, sachant y mettre les formes, il met tout de suite très à l’aise. J’imagine que pour des jeunes mariés, peut-être un peu stressés, ça doit être rassurant de se sentir pris en main par quelqu’un comme lui.

« On a tous nos défauts dont on fait des complexes. Quand je reçois une femme qui n’aime pas ses rondeurs, ses genoux, son ventre ou sa poitrine, je me dis que ça va ! On est plutôt à l’équilibre si la névrose ne se situe qu’au niveau des genoux. Il y a des gens qui sont bien moins à l’équilibre dans leur vie et qui ont plus de choses à traiter !

Je ne me mets pas en tête de combattre un complexe, ce n’est pas le sujet, je contourne la difficulté et cherche plutôt à mettre en valeur une partie du corps dont elle est fière.

Je n’achète pas ma place au paradis ! Si je sais qu’une tenue ne conviendra pas à la morphologie d’une cliente, je trouve les mots, mais je sais lui dire. »

SES SOURCES D’INSPIRATION

photo © Maison Tesson

« Pour 2019, c’est dans le voyage, le safari, l’exotisme que je vais chercher mon inspiration. »

Sébastien me montre quelques planches moodboards, nous discutons de ce qui fait le caractère, le style Tesson, l’image de sa marque et ce que viennent chercher ses clientes chez lui, que ce soit pour le mariage, les tenues de soirée, de cérémonie, une certaine forme du beau, de l’harmonieux, de l’audacieux aussi.

« Ce que je veux surtout, c’est me faire plaisir, saupoudrer la collection de pièces inattendues dans l’univers du mariage, un petit bomber féminin, une combinaison, un top ouvert dans le dos, un imprimé. Après tout, les robes de mariées n’ont de nom que parce qu’on les porte le jour du mariage. Et après ? un ensemble crème fait d’un pantalon et d’un blouson fourré pour un mariage hivernal ne peuvent-ils s’apparenter à une tenue de mariage ? Tant qu’on retrouve quelques codes, on peut s’amuser. »

« Le rapport que j’entretiens avec la mode ? Distant. Je suis totalement à côté, pas du tout passionné par les fashion weeks et autres effets de mode. »

photo © Maison Tesson

QUID DU VINTAGE ?

En tant que créateur, Sébastien analyse le vintage comme un moyen instinctif de nous rajeunir en retrouvant des choses qu’on a connues plus jeune et qui font écho en nous. Le vintage nous parle comme une madeleine de Proust. Le designer sait ce qu’il propose, mais les mariés eux, parfois plus jeunes et novices, ne découvriront peut-être la subtilité de la référence que quelques années plus tard.

photo © Maison Tesson

QUELLE LINGERIE SOUS UNE ROBE DE MARIÉE ?

La lingerie c’est une vraie déception pour la mariée. La lingerie qui fait la plus jolie silhouette, qui ne fait pas de relief sous une robe fluide en crêpe, est forcément sculptante, basique, et sobre, sans broderie ni dentelle.

« Chez Maison Tesson, on coud le soutien gorge à l’intérieur de la robe, pour une question de confort et d’esthétique. »

photo © Maison Tesson

ARTISAN ou ARTISTE ?

« La part de rêves, de non palpable, de sentiments et d’interprétation font que je tiens plutôt un rôle d’artiste dans l’élaboration des robes et tenues de mariage.

Mes collaboratrices, elles, détiennent au quotidien le savoir-faire de l’artisanat.

La réussite collective ne se mesure au final qu’aux jolis mots reçus d’une cliente satisfaite de la concrétisation de son rêve. »

photo © Maison Tesson

QUELQUES QUESTIONS INTIMES À SÉBASTIEN…

L’espace temps qui m’était accordé ayant été allongé par le retard du rendez-vous suivant, j’ai eu envie de poser quelques questions plus personnelles, pour connaitre l’homme au delà de l’artiste :

Qu’est-ce que la réussite ?

Sébastien  > C’est un truc de dingue. Je pense, sans vouloir être prétentieux, que je suis dedans depuis l’âge de 38 ans. La réussite, c’est juste être heureux d’être là où on est, de faire ce qu’on fait et de l’assumer. Et, moi, j’assume. Carpe diem !

Un rêve d’enfant oublié ?

Sébastien > On ne m’a rien interdit et je me suis globalement bien écouté, je n’ai pas de regrets.

Une grande fierté ?

Sébastien > Ma vie de famille ! j’ai la chance d’avoir LA famille formidable, la famille recomposée idéale. J’en suis non seulement fier mais cela me rend très heureux.

Une mauvaise habitude ?

Sébastien > Le grignotage entre les repas, ou bien juste avant de passer à table. C’est terrible, je rentre de la boutique et je ne peux pas m’en empêcher.

Une grande force ?

Sébastien > Je suis un peu fainéant sur certaines choses. Mais ça peut être une force aussi, parce que je ne me prends pas la tête pour rien. Par exemple, je fais zéro sport, mais zéro culpabilité non plus. J’ai pris un peu de poids, mais ça va. Je me regarde dans le miroir, si c’était grave, il y a longtemps de que j’aurais fait quelque chose. Donc ça va. Ça, c’est mon côté un peu fainéant.

Une routine ?

Sébastien > Surtout pas.

Une lubie ?

Sébastien > Les placards, les rangements et les boites.

Une raison suffisante pour tout plaquer ?

Sébastien > L’overdose, celle qui donne envie de disparaître.

Une peur irrationnelle ?

Sébastien > À 40 ans, on comprend qu’on est mortel. La fin me fait flipper. Moins la mienne que celle des autres finalement. Alors j’essaie de ne pas trop y penser sinon je pourrais développer une vraie névrose avec ça.

Ce qui t’émeut aux larmes ?

Sébastien > Tout ! Je suis client des trucs à l’eau de rose ! Un film, une émission TV, une musique, je pleure souvent.

Des lectures ?

Sébastien > J’ai adoré la série romanesque «Les Rois Maudits», mais ce que je lis surtout aujourd’hui, dès que mon emploi du temps me laisse quelques minutes, ce sont surtout des magazines et des articles de presse.

Un style de musique ?

Sébastien > Non. Je ne suis pas très mélomane, et je ne travaille pas en musique. Mais en ce moment, je me repasse souvent la BO du film musical The Greatest Showman.

Une tentation ?

Sébastien > Quand je trouve quelque chose qui me passionne, je peux faire une fixette. A contrario, quelque chose que j’espérais et sur lequel je n’accroche pas peut aussi me miner. Je suis quelqu’un qui vit avec la passion, le besoin de vibrer.
Je suis un intuitif et quelqu’un de l’instant. J’aime faire quelque chose qui n’était pas prévu, juste comme ça, parce que j’en ai envie.

Un dernier achat ?

Sébastien > Mes achats sont souvent tournés vers les autres, mon dernier achat est un cadeau pour mon conjoint. Et puis, pour moi, un souvenir de voyage, quelques bracelets du Sri Lanka.

Des projets en cours ?

Sébastien > L’achat d’une maison secondaire, à l’étranger, forcément avec travaux.
Peindre, décorer, chiner, mélanger, j’adore ça !

Des vacances idéales ?

Sébastien > Majorque, à chaque fois que j’y retourne, je trouve ça encore mieux que la fois d’avant. Jamais déçu.

J’ai une dernière question à te poser, de la part de Solène Debiès, la dernière invitée dans les « Belles Histoires » de The Chatterbox Club :
« Que fais-tu pour te construire une vie que tu aimes ? »

Sébastien > Après réflexion… je ne fais rien, je ne planifie pas et peut-être même pas assez. J’ai la vie que j’aime, mais comme je suis un instinctif, je ne conscientise pas tout. Je devrais être encore plus conscient de cette vie, de ces instants précieux. Ce que j’aime au quotidien c’est passer du temps avec les gens qui m’entourent, les écouter, échanger, rompre le train-train.

Maintenant, Sébastien, si tu avais une question à poser à ton tour à la prochaine personne créative invitée à se dévoiler dans le blog, quelle serait-elle ?

Sébastien > « Aujourd’hui, dirais-tu que tu es au bon endroit au bon moment ? »

photo © Maison Tesson


Un grand MERCI à Sébastien Tesson
pour son accueil, sa fantaisie et ses réponses en toute transparence. Un très bon moment qui devait durer 3/4 d’heure et qui a pris deux heures de son temps !
Vous aussi, vous aimez prendre votre temps et vous avez apprécié cette « Belle Histoire » ?
Alors, BIENVENUE AU CLUB !


→ Pour une tenue de mariage ou de cérémonie sur mesure, rendez vous au 12 rue Jean Jaurès à Nantes ou contactez l’équipe de Maison Tesson  :  C’est par là !

→ Je remercie Idîle , l’agence de communication de Maison Tesson, de m’avoir transmis les photos des dernières créations de robes de mariées de la collection 2018, réalisées par Sophie Masiewicz.

→ Enfin, Géraldine Oberland de @arretsurimage2eme a réalisé les portraits de Sébastien, ainsi que les magnifiques photos noir & blanc de l’artiste lyrique Stéphanie d’Oustrac, qui collabore depuis plusieurs années avec Maison Tesson pour ses tenues de scène et avait fait réaliser sa robe pour les Victoires de la Musique Classique 2017.

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SLOW FASHION, tri & développement personnel

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photo Daniel Monteiro-Unsplash

 

RALENTIR. Dans tellement de domaines. Je crois que pour beaucoup, c’est devenu plus que nécessaire. On profite de la pause du weekend pour aborder le sujet ensemble et se trouver des débuts de solutions ?

 

 

Le concept de SLOW LIFE n’est pas une gorgone malfaisante qui vous pétrifie dès que vous entamez de comprendre en quoi cela consiste et qui vous paralyse de toute action, au prétexte de vouloir prendre le temps !
J’aurai certainement l’occasion de vous parler dans de prochains articles de ce qu’est pour moi la Slow Life, car je fais partie d’un petit groupe bienveillant de Slow Lifeuses qui discutent justement de tous ces sujets concernant -la liste n’est pas exhaustive- le fait de vivre mieux, de savoir s’écouter, de consommer plus intelligemment, mieux apprécier et ressentir de la gratitude, savoir se donner du temps.

Mon caractère un brin impatient a appris, avec le temps et quelques échecs, qu’on ne peut pas tout changer en même temps et que les changements durables sont ceux qu’on entreprend doucement, et surtout l’un après l’autre.

METTRE DU SLOW PARTOUT

Avant de vous perdre à vous parler de toutes les formes émergentes de SLOW (slow food, slow design, slow working, slow management, slow tourisme, slow sex, slow cosmétique, slow blogging (← ça, c’est moi 😉 ), etc…  Je vais donc aller droit au but. J’aimerais qu’on parle ensemble de SLOW FASHION. Pourquoi ?

Et bien parce que, comme vous le savez déjà peut-être (sinon allez voir par là), le textile c’est mon milieu depuis de longues années, et je me pose beaucoup de questions sur le cycle de vie de plus en plus court des produits, sur la qualité de nos matières, notre impact à la fois sur nos propres conditions de travail et celles d’ouvriers à l’autre bout du monde, sur notre santé, sur l’environnement aussi.

J’avais assisté à la FASHION REVOLUTION l’année dernière et posé collectivement la question «who made my clothes ?».
Je recommencerai cette année, car même si les mentalités changent doucement, il ne faut pas relâcher nos efforts pour faire bouger les lignes. Et pas seulement pour nous donner bonne conscience.
Je constate, années après années, comme beaucoup d’entre vous, les effets néfastes de la FAST FASHION… et pourtant personne ne semble pouvoir s’en passer.
Alors là, c’est un débat quasi sans fin, je pourrais écrire une thèse là dessus !

Disons, pour faire court, que nous sommes un peu accros à la MODE comme on le serait à une drogue. Elle nous procure un shoot de bien-être momentané, puis on retombe, et on en redemande. Toujours plus.
La mode est devenue le pansement de nos plaies affectives ! (#minutepsychologiedecomptoir)

Mais la réalité nous rattrape. Nos moyens n’étant pas extensibles, on cherche en réalité la bonne affaire. Et pour acheter moins cher, les marques doivent produire plus loin.
On est alors entré de plein pied dans la spirale infernale : on ne fabrique plus local et on perd nos savoir-faire et nos outils de production. Nos emplois deviennent plus précaires, on gagne moins. Mais, bien entendu, on est toujours plus nombreux à vouloir dépenser toujours autant pour continuer à se faire plaisir avec des articles de moins en moins chers, parce que la vie est dure et qu’on le mérite bien… Bon, là ça y est, on est dans le mur.

Et ne croyez pas pour autant que les marques s’en mettent plein les fouilles. Les banqueroutes et dépôts de bilan sont légion dans le textile.
Même si je simplifie à l’extrême, certaines galèrent, elles aussi.
Elles doivent chercher des lieux et unités de production toujours plus loin et moins chers qui leur permettront de conserver leurs marges, leurs emplois, et de continuer à proposer toujours plus de nouveautés accessibles.
Elles doivent décider très vite d’acheter, de se stocker, de prendre des risques financiers.
Elles mettent toujours plus de pression sur leurs personnels pour créer de plus en plus de produits, sur leurs fournisseurs pour fabriquer toujours plus vite, sur leurs transporteurs pour livrer pour avant-hier, et tout le monde frôle le burn-out.

Et le pire ? … le matin, on ne sait toujours pas quoi se mettre en ouvrant le placard !!!
On marche sur la tête ou non ? 🙁

Je vous encourage, si vous ne l’avez jamais vue, à regarder cette vidéo saisissante de la marque LOOM sur la mode jetable. Pas pour culpabiliser, mais pour voir les choses en face.
Et pour retrouver tout, tout, tout, ce que vous avez toujours voulu savoir sur la mode éco-responsable, sans jamais oser le demander, c’est par là !

Et maintenant, que faire ?

NE PAS TOUT VOIR EN NOIR

D’abord, ne pas tout voir en noir, ni se fouetter. On va tâcher de saupoudrer un peu de positif et de bienveillance dans tout ça !

J’ai beaucoup aimé l’interview de SOPHIE FONTANEL à l’occasion de la sortie du livre LA MODE SOUS INFLUENCES : DE DIANE DE POITIERS À INSTAGRAM, dans la Revue des Deux Mondes.
Elle y explique, d’une manière positive, que malgré ce tourbillon vertigineux de la mondialisation de la mode, il émerge de ce phénomène un aspect ultra positif et vertueux : la spontanéité des réseaux sociaux qui facilite aussi une connexion extraordinaire entre des personnes passionnées aux quatre coins du monde, et qui peuvent s’entre-aider !

LES PETITS RUISSEAUX FONT LES GRANDES RIVIÈRES

Ensuite, prendre conscience que les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Ça veut dire ?
Commencer petit, mais commencer.
Et suivre les 3 pas suivants :
(en tout cas, c’est ma méthode et ma manière d’aborder le problème)


  1. PAS N°1 : COMMENÇONS PAR TRIER

photo Becca Mchaffie-Unsplash

Forcément, à acheter tous les tee-shirts à 9.90€, jeans à 19.90€ et autres sacs synthétiques ou chaussures en plastique bas de gamme, qui ont tous en commun d’avoir une durée de vie très limitée, nos armoires finissent par déborder de choses qu’on ne sait pas jeter.

Je n’aime pas donner des leçons, surtout dans ce domaine, car mon dressing est loin d’être minimaliste, même si je fais des progrès. Pour autant, il est un fait : trier est une grande source de satisfaction !


  • TRIER APAISE ET RELAXE

Vous avez certainement entendu parler du livre de Marie Kondo The Life-changing magic of tidying up (La Magie du rangement, éditions First, 2015).
Selon Marie Kondo, et les principes du Feng Shui (nous y reviendrons un jour, le Feng Shui c’est ma passion cachée), trier est un moyen d’apaisement mental et même de relaxation.
Aussi bénéfique pour nous qu’une séance de méditation (mais un peu plus longue aussi car trier prend du temps), avouons que nous sortons toujours de ces séances de tri comme épanouies et même heureuses, prêtes à faire face à de nouveaux défis (j’ai mis volontairement ces adjectifs au féminin mais les hommes qui passent par là peuvent aussi le prendre pour eux, écriture inclusive oblige !).

Procurez-vous ce livre, il vous aidera à faire un tri objectif (c’est à dire dénué de tout sentimentalisme encombrant) et atteindre vos objectifs.
Ou alors, plus marrant, invitez une ou plusieurs amies à faire le tri avec vous ; certaines pourront vous aider à trancher ou trouver leur bonheur dans vos has-been. Moi, je le fais aussi avec mes filles ados et les abandons de l’une deviennent les trouvailles de l’autre.

Puis, suivez ces étapes en alignant, par exemple, comme je le fais sur mon lit :
(non c’est pas de la maniaquerie, ça s’appelle de l’organisation ^^)

À GAUCHE

les vêtements que je n’ai pas mis depuis 1 an (soit qu’ils ne me vont plus, soit je ne les aime plus)

AU CENTRE

ceux auxquels je tiens et que je ne veux pas jeter (je les enfile et si ils ne me vont plus, alors je les passe sur la pile de gauche)

À DROITE

ceux que je mets régulièrement ou même occasionnellement

photo Marc Groth-Unsplash

Je fais pareil pour les chaussures et pour tout le lot d’accessoires de saison qu’on accumule (écharpes, étoles, headband, bonnets, gants, ceintures, liste-presque-sans-fin…). J’aime bien avoir un bac été et un bac hiver, ce qui me permet d’éprouver le plaisir de “redécouvrir” certains accessoires à l’arrivée d’une nouvelle saison.

Sacs et chapeaux sont accrochés à des patères, bien visibles. Si je les vois, j’ai envie de les mettre, sinon je les oublie vite.
Pour les bijoux, je n’ai pas le problème, là, je suis ultra minimaliste ! Mais j’imagine qu’on a moins besoin de tri dans ce domaine, ça prend quand même moins de place ! Peut-être avez vous une autre opinion sur ce point ? Une idée de rangement simple pour avoir tout sous les yeux ?


  • GOOD VIBES ONLY

À NE PAS OUBLIER :

  • garder un vêtement trop petit augmente notre sentiment d’insatisfaction voire de culpabilité = ondes négatives -> on jette*
  • garder un vêtement émotionnel (type robe de mariée quand on est divorcée) = ondes négatives -> on jette*
  • garder un vêtement ou accessoire que belle-maman nous a offert mais qu’on ne mettra jamais = ondes négatives -> on jette*
  • garder un vêtement abîmé sans le faire réparer ou le faire soi-même immédiatement = ondes négatives -> on jette*

(*ou on donne, mais en tout cas, on s’en libère l’esprit !)

La place qui est libérée dans mon dressing par l’élimination de la pile de gauche me permet d’accrocher les vêtements auxquels je tiens et que je ne veux pas jeter même si je ne les ai pas mis récemment. J’ai plus de chance de les porter à nouveau si je les ai bien en vue.
Si au bout d’un an, je n’ai pas remis ces vêtements de la pile du milieu, ils passent à gauche !

Je fais ce tri une fois par an. Les vacances de Pâques sont souvent propices à ce genre de tri chez moi. Ne dit-on pas le Grand Ménage de Printemps ?

2. PAS N°2 : MOINS MAIS MIEUX


  • ONE IN, ONE OUT

Une fois qu’on a fait ce tri, il faut tenir la distance. Pour ne pas être tentée de vite re-remplir cette armoire qui nous semble si vide, une petite astuce consiste à entretenir le principe du «ONE IN, ONE OUT». C’est hard, mais ça marche !

Personnellement, je ne pratique pas l’autre méthode du «j’attends-3-jours-et-si-j’en-ai-encore-envie-après-ça-alors-j’achète». Pourquoi ? C’est simple :

  • parce que quand je fais les magasins (pour moi ou pour mes enfants), c’est souvent le samedi, dans la cohue, et que j’ai juste hâte que ça se termine
  • parce que je n’ai pas un emploi du temps extensible au point de me taper les magasins deux fois : un aller pour prospecter et un retour une fois que je suis sûre de mon choix (non, mais là on devient dingue)
  • parce que avec cette affaire de Fast Fashion et de soldes permanents, et aussi du jeu de la pénurie qu’entretiennent certaines marques, on n’est pas certain que l’article sera encore disponible dans 3 jours dans le bon coloris et la bonne taille.
  • il me reste la solution Internet (garder son panier enregistré pendant 3 jours) à laquelle je cède parfois, mais dans l’ensemble je regrette souvent mes passages en caisse virtuelle.

Donc, quand j’aime et que j’en ai besoin, comme dirait J-M Généreux, j’achèèète !
Mais, en même temps… (qui c’est qui dit ça ?) , devant mon miroir dans la cabine d’essayage, je me demande : “que vais-je devoir balancer en échange pour intégrer cette magnifique robe à mon placard ?”
Au pire, ça fait travailler les méninges, et c’est déjà ça de gagné !


  • LOCAVORE

C’est le moment d’aborder la question des étiquettes, du made in France notamment, et aussi des types de tissus qu’on choisit d’acheter ou de laisser de côté. Je ne vais pas jouer les moralisatrices. Chacun ses convictions, ses possibilités, ses moyens et ses tentations aussi. Disons que s’accorder un temps de réflexion sur le sujet, c’est déjà un pas de fait !

En ce qui me concerne, et comme de plus en plus de personnes autour de moi, j’aime faire fonctionner les petits commerçants autour de chez moi (et pas que pour le vêtement), c’est ce qu’on appelle le “locavore”.
Je suis aussi plus encline à acheter si j’adhère aux valeurs de la marque, je suis plus sensible aux matières naturelles, durables, responsables et à celles qui proviennent de nouvelles technologies (recyclage de matières textiles, fibres cellulosiques, nouvelles matières vegan).
J’aime bien acheter auprès de créateurs ou de jeunes marques françaises et même faire fonctionner les plateformes de crowdfunding comme je l’ai fait pour soutenir le lancement de la première collection de bodys FLAIR IS FRENCH.

3. PAS N°3 : FÉLICITONS-NOUS

=> L’INSTANT DIY

Ces derniers temps, j’ai pris quelques leçons de couture pour me remettre à l’ouvrage, j’avais perdu un peu la main et la notice de ma machine à coudre.


  1. Une seconde vie

Une fois que le tri de mon dressing est fait, avant de jeter ou donner, je me demande d’abord si je peux en faire quelque chose pour moi. Une version SECOND LIFE avec en prime la satisfaction de la B.A. Ça me donne l’objectif d’un projet à réaliser pendant mon cours de couture.

Depuis, je découpe à nouveau deux vêtements pour n’en faire qu’un, j’enlève des manches d’un blouson et le pince à la taille, change la taille d’un pantalon à fronces en pantalon à pinces, ou transforme un chemisier en y ajoutant des volants ou un détail détourné d’une autre pièce.

J’aime bien l’idée de donner une deuxième vie à un objet, et me sentir satisfaite de porter un vêtement unique plutôt que d’avoir jeté.
Le DIY est une excellente manière d’exprimer sa créativité.

2. C’est moi qui l’ai fait !

Parfois, je pars complètement de zéro, je prends du papier de soie et me mets par terre pour dessiner mon patron, à partir d’un dessin, d’une idée de vêtement qui me ferait envie et qui puisse me manquer (pour une occasion particulière).

Et là, à enchainer toutes les étapes de la création d’un vêtement, je réalise à quel point la COUTURE est quelque chose de SLOW.
Le temps de rêver la forme parfaite, de trouver le tissu adapté, de rassembler tous les détails et composants, de monter la toile, d’ajuster le patron, plusieurs fois, de couper et d’assembler les pièces, pour enfin voir son travail récompensé…
C’est très SLOW comme processus. C’est presque méditatif la couture.

=> DONNEZ, DONNEZ, DIEU VOUS LE RENDRA… ^_^


  1. Méthodes à adopter

Manteau pelucheux, tee-shirt déformé, pull troué ou sweat démodé, dans un état plus ou moins bon, que faire des articles qu’on a éliminés ?

  • associations
  • friperies
  • troc
  • vide-dressings
  • dechetterie

Personnellement, je manque souvent de temps pour mettre mes objets à vendre sur internet (prendre la photo, mettre en ligne, répondre aux demandes, envoyer les colis). C’est un gros boulot, de même que celui de faire les vide-greniers et autres vide-dressings, même si cela peut être assez lucratif, voire amusant si on le fait à plusieurs. Je manque de courage pour tout cela.

Donc, pour ce qui me concerne, ce qui est abîmé part à la dechetterie pour être recyclé. Et pour ce qui reste en bon état, soit je peux en faire un futur projet de détournement, soit c’est donné aux associations. Enfin les vêtements de belles marques, et souvent bien conservés, peuvent tenter des amies ou servir à leurs enfants, je donne.

Si vous triez votre armoire, mais que ces sacs pleins s’entassent dans le garage ou la cave… ce n’est pas bon. Pas feng-shui du tout ! #grosyeuxfachés
Vendre, donner, jeter : dans tous les cas, un seul objectif pour être totalement satisfaite : PLACE NETTE !

2. S’économiser

Mettre du slow dans sa vie, c’est aussi savoir rentabiliser son temps et s’économiser. Mon profit dans l’affaire n’est pas de gagner quelques euros sur un vide-grenier, mais de passer ce dimanche de brocante à arpenter les allées, ou lézarder dans mon jardin, à la plage, entre amis ou en famille, à me faire du bien !
CARPE DIEM, c’est totalement SLOW LIFE !

Mon dernier tri remonte au 15 avril 2017.
Bientôt, donc, je m’y remettrai.
Et je réalise en écrivant cet article que, cette année, je n’ai pas porté une seule fois ces boots Chelsea en cuir velours bleu marine avec des rayures sur les côtés, que j’avais pourtant conservés l’année dernière. Personne n’est parfait ! Cette année, oust, elles passent à la trappe !

… c’est du 37 qui taille petit, qui les veut ?

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ET MAINTENANT C’EST À VOUS…

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Prague-par-moins-10

Prague par -10° C

450 450 The Chatterbox Club

Prague-par-moins-10Il fait froid, ça y est, l’hiver nous arrive.
Certains ont même déjà de la neige !
Les fils Instagram regorgent de tasses de thé et de feux de bois.
Si vous n’avez pas encore cédé à la tentation de la matière de l’hiver par excellence, le velours, je vous invite à aller voir ma sélection du moment dans le dernier “objets désirables” du mois.
Et si le froid ne vous fait pas peur, embarquez avec moi pour Prague.
Peut-être cela vous donnera-t-il envie d’y faire un tour pour le réveillon.

Suivez le guide !

PRAGUE EN HIVER

Une fois n’est pas coutume. Non, ce ne sera pas de textile, de dernières nouveautés en couleur ou en matière, ni même d’un savoir-faire particulier, d’une marque inédite ou innovante, et pas non plus de concept tendance dont je veux vous parler cette semaine.
Je ne vous dis pas que je ferai cela très souvent, ni que je m’en ferai une spécialité.
Mais cette semaine, on va “voyager” un peu ensemble.

Je vous amène à Prague, ville magique, magnifique, lumineuse … mais glaciale en hiver.
Ça en ajoute à sa beauté.
Le soleil se couche tôt sur la Vltava et réchauffe de jaunes et de rosés les clochers, les sculptures et les façades historiques.

En décembre dernier, nous sommes partis en famille rejoindre des amis pour un gros weekend de retrouvailles, de picolade (et pas seulement pour se réchauffer, vous allez comprendre), et de découvertes en tous genres.
Guidés, il faut le dire, par une famille française mais autochtone depuis 3 ans, cela nous a permis certainement quelques passe-droits et bons plans locaux.

J’ajoute à cela le fait que, dans notre séjour, comptait le réveillon du Nouvel An, avec prévision de feu d’artifice, ce qui promettait déjà des souvenirs inoubliables.

Il faut aussi que je vous dise que nous connaissions déjà Prague pour l’avoir sillonné en amoureux il y a de cela 5 ans, c’est-à-dire dans des circonstances bien différentes de cette fois-ci…

Ce qui vous attend dans ce billet :
quelques idées originales hors des sentiers battus, une adresse secrète, et enfin, “cherry on the cake”, une surprise francophone pour un accueil de guest star !

UNE ADRESSE SECRÈTE

Je commence direct par l’adresse secrète, car je vous sens fébriles.

Nos amis ont eu l’extrême gentillesse de tout organiser pour notre séjour, ce qui est très, très, agréable, reconnaissons-le !
Comme la sensation de se mettre les pieds sous la table quand on rentre chez soi, que tout est prêt et qu’il fait bon. Rien à prévoir avant, rien à gérer pendant. Le bonheur, ‘voyez ?

Donc, ne pouvant pas nous accueillir tous chez eux, ils se sont occupés de nous réserver un hébergement, avec quelques critères de départ (fixés par nous, je précise, et difficilement compatibles) :

  • à proximité de chez eux, donc en plein centre
    (pour pouvoir aller et venir à pied facilement)
  • et pas trop cher
    (les périodes de fêtes font grimper les prix, surtout dans cette ville hyper touristique).

À quelques jours du départ, l’annonce nous avait été faite : nous allions dormir dans un ancien Palais tchèque ! Quel luxe !
À l’arrivée. Désenchantement. Bien qu’idéalement située en plein centre, au coeur d’un parc qui longe le fleuve, l’Auberge de Jeunesse n’avait en fait investi que les deux derniers étages du bâtiment, et autant vous prévenir, le concept d’hôtellerie en est plus que sommaire.
J’ai dégringolé de 4 étages en ouvrant la porte de notre minuscule chambre sous pente.

Bon, positivons, dans l’appellation «auberge de jeunesse», on peut s’accrocher au mot «jeunesse» , et, passé l’effet de surprise, on perd 15 ans en un claquement de doigts !

Immédiatement, on s’est dit qu’on allait devoir boire vraiment beaucoup pour se donner le courage de rentrer le soir et dormir vite !

Et puis, finalement, même sans boire autant, quand on est jeune (ben oui, on a perdu 15 ans je vous rappelle), on s’adapte.
On rencontre plein de monde, on papote en claquettes et peignoir devant le micro-ondes pour se chauffer un thé, on s’empreinte le sèche-cheveux et on se tient le rideau de douche, sans complexe.

Pour les courageux que cette expérience immersive en période-post-communiste-hostile-et-précaire intéresse malgré tout, il y a un énorme avantage bien sûr, c’est le prix : 15€ par nuit ! imbattable !

DÉCOUVRIR LA VILLE AUTREMENT

Aucun mal à trouver tous les monuments et musées, grande place, petite place, château, horloge, cimetière, églises, parcs, qu’il faut aller voir selon ses envies et surtout la durée du séjour. Les guides papier ne manquent pas. Et vous saurez trouver le vôtre.

Mais compte tenu que nous avions déjà pratiqué Prague-à-deux et que, de surcroit, se déplacer à 16, avec des enfants, n’est pas chose aisée, nous avons opté pour des activités courtes, variées et inédites.

Ce sont donc quelques suggestions originales, voire hors des sentiers battus, que je vous propose de découvrir par ici pour rajouter du piment au voyage…

 

faire une promenade en cortège, en calèche ou en vieille voiture, décapotable de préférence, et avec une chaude couverture sous laquelle se pelotonner pendant que les rues défilent. Engager un chauffeur sur la place STARE MESTO.

promenade à Prague en voiture calèche

 

écouter un concert de musique classique à la MAISON MUNICIPALE, à Namesti Republiky, et profiter ensuite d’un dîner Art Deco dans sa partie restaurant. Pour connaître le programme et réserver 〈c’est là〉.

diner art deco maison municipale prague

marcher jusqu’à la MAISON DANSANTE : un bâtiment curieux qui mérite le détour par les rives du fleuve ; y monter et découvrir le restaurant GINGER&FRED pour la bouche et pour la vue (et aussi pour le symbole car Ginger & Fred, c’est, c’est, … Ginger Rogers & Fred Astaire bien sur !)

maison dansante Ginger et Fred Prague

 

se balader le long du fleuve VLTAVA, sur le quai Masaryk, est époustouflant, surtout dans les lumières jaunes du soleil couchant.

bateau Matylda quai Masaryk Prague

pont charles prague vue Vltavapasser voir le PONT CHARLES, sous le soleil, dans la brume, tôt le matin, à la nuit tombée. Il n’est jamais le même. À faire et à refaire pour passer d’une rive à l’autre (pas très original, j’en conviens, mais c’est le folklore et c’est tellement Prague).
Même la foule, qui se précipite pour aller et venir le long du Pont, toucher les statues, et éviter toutes ces perches à selfies, ne nous éloignent pas de notre but :  profiter, profiter, profiter, sillonner les étroites et sinueuses ruelles de la vieille ville, classées à l’UNESCO, et nous laisser emporter par l’air de romance. C’est l’évasion totale. Et si vous prenez le tram pour aller voir cette vue depuis les hauteurs de Prague, c’est encore plus beau !

découvrir les ruelles colorées, éblouis par ces tons de vert, rose, bleu, passer devant le Moulin à roue, puis le mur de John Lennon d’où vous pourrez facilement pousser la chansonnette, et enfin tomber sur les pingouins de l’île KAMPA. Quelle variété et sauts dans le temps !

 

puisqu’on est là, et qu’on aime l’Art moderne, visiter le musée Kampa, sans passer à côté de ces étranges bébés géants de David Cerny, un artiste qui est à Prague ce qu’est Gaudi à Barcelone. Pour finir, nourrir mouettes, cygnes et pingouins bien sûr ! Et admirer la vue.

bébés géants david corny prague

monastere strahov Pragueprendre de la hauteur avec le funiculaire de la colline de Petrin. Une fois en haut, la vue sur la ville est à couper le souffle. Traverser le parc et atterrir au monastère STRAHOV. Visiter sa bibliothèque baroque offre une indescriptible atmosphère. La vue depuis les hauteurs de la ville est simplement magnifique et il y a là une brasserie avec terrasse (pour les plus motivés), très conviviale sur la jolie place pavée.

adeptes des marchés authentiques ? se lever tôt et aller au marché HOLESOVICE à 20mn de tram du centre. Dépaysement garanti dedans et autour de ces anciens abattoirs. Le repère des cuistots et amateurs de bons produits.

marché HOLESOVICE Prague

continuer dans les découvertes vraiment locales, direction le sud de la ville en Tram et aller dîner au WINE FOOD MARKET, dans le quartier de Praha 5 Smichov. Autour de grandes tablées, où chacun va commander son plat au comptoir, on dîne dans une ambiance conviviale et chaleureuse, et on papote avec son voisin, qu’on le connaisse depuis 10 ans ou 10 minutes. Un vieux film qui défile sur l’écran géant campe le décor. Et pas un seul touriste à l’horizon malgré la période des fêtes !

restaurant wine food market Prague

pour les curieux et fans de brocantes, s’imposer une virée au NOVY ANTIK BAZAR, un dépôt géant de meubles et bric-à-brac, pour faire des affaires incroyables et une plongée dans le temps.

novy antik bazar Prague

on nous avait promis un feu d’artifice … Et bien, on n’a rien eu !
Trop de brume sur la colline et sur le fleuve. Juste quelques pétards en ville. Qui aurait pu en rester là ? Pas nous en tout cas ! Alors, s’il vous arrive pareille chose, sachez que dans beaucoup de petits commerces alimentaires, on trouve pendant les fêtes des fusées, pétards et autres artilleries assez impressionnantes. Nous en avons acheté un bon paquet, et tout fait pété dans un parc, à la nuit tombée, ravis de voir les mines réjouies de nos rejetons restés sur leur faim. Finalement, ça nous a mieux que consolés, c’était parfaitement grisant !

DES POINTS DE CHUTE INDISPENSABLES, VOIRE OBLIGATOIRES !

Oui, mais voilà, par -10° C, il faut aussi des points de chutes ré-gu-liers car on a souvent besoin d’un petit remontant ou d’un endroit cosy pour se réchauffer :

 

les brunchissimes complets et pas chers sont à prendre au CREME CAFFÉ BALCONE’S, quartier Mala Strana, à côté de la Tour Saint Nicolas, pour prendre des forces dès le matin (ou le midi pour les lève-tard).

Désolée ! J’avais trop froid… je n’ai pris la photo qu’une fois le brunch et le cappuccino engloutis hihi ! 😉

faire la queue chez NASE MASO vaut la peine d’être patient, c’est la meilleure adresse de Burgers, le rendez-vous des Pragois, juste à l’entrée du passage GURMET PASAZ DLOUHA.

restaurant burger nase maso prague

pour se réchauffer en fin de journée, faire une pause cosy au CAFÉ SAVOY. C’est un peu hors du centre historique, mais ça vaut tellement le coup de s’éloigner à l’heure du thé, juste un peu, pour le cadre, les moulures au plafond, les lustres, l’ancien comptoir à pains et la pâtisserie. So chic ! Totalement Grand Siècle !

cafe savoy prague

bien entendu, ne pas oublier de s’arrêter régulièrement pour un vin chaud aux épices et un TRDELNIK, croustillante pâtisserie à la cannelle. Il y en a partout, dans toutes les rues ! Personnellement, je préfère de loin ceux chauffés au feu de bois que ceux au gaz. Les plus succulents que nous avons pu gouter venaient d’un marchand ambulant en plein carrefour de NAMESTI REPUBLIKY. Bonne quête de Trdelnik !

TRDELNIK patisserie feu de bois prague

vue sur la Vtlava Prague enfin, par une belle soirée dégagée, et si possible le soir même du réveillon, s’offrir le dîner sur la péniche MARINA BOAT RISTORANTE, moins pour le menu italien (très bon mais pas vraiment typique) que pour la vue carrément époustouflante sur la Vltava, le pont Charles, le château et bien sûr, le feu d’artifice !

le marché de Noël et le centre de la ville ville, sont surpeuplés et nous avons pris grand soin d’éviter ces endroits pour ne pas nous perdre. Mais si vous êtes moins nombreux et plus courageux que nous, aventurez-vous dans ce dédale de chalets, d’odeurs et de lumières.

vieille ville prague

MAIS AVANT DE PARTIR !

Mais, avant de partir, on peut :

  • se munir du guide des voyageurs indépendants, petit, pratique et très bien fait http://www.guide-evasion.fr (on a trouvé ce guide papier parfait)
  • enfin, ne serait-ce que pour une journée, faire appel à une vraie guide qui nous fait nous sentir de véritables privilégiés et nous concocte une visite de Prague, en français, façon petits oignons.
    Et hop, réserver les services de LUCIE au +420 606 148 311 ou à  luciepraha@gmail.com . Elle étudie un programme ou un circuit sur mesure et vous donne son tarif si vous la contactez à l’avance. Nous avons fait appel à elle il y a 5 ans, et nous n’avons pas regretté. Forte de son succès, elle a dorénavant un site officiel http://www.guidedeprague.fr

ET MAINTENANT C’EST À VOUS…


Si notre voyage vous a plu et que vous voulez, à votre tour, me raconter le vôtre, j’attends avec plaisir vos retours d’expériences.


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et ces adresses qui peuvent donner des idées à des amis !

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illustration paris velo Solene Debies

Solène Debiès, artiste illustratrice

1500 1122 The Chatterbox Club
portrait Solene Debies illustratrice

photo © Solène Debiès

 

« Je n’ai jamais envisagé de ne plus dessiner.
Je m’ouvre à tout en puisant mon inspiration autant dans les voyages que dans mon
quotidien »
.

Solène Debiès.

Ce mois ci, je vous présente Solène Debiès, une artiste illustratrice que j’ai eu la chance de rencontrer en octobre.

Bien sûr je vais vous parler du travail qu’elle réalise, ce qui l’a poussée à faire de l’illustration son métier. Mais, consciente d’avoir approché un oiseau rare, j’ai aussi voulu lui poser plein de questions sur sa vie très inspirante, la manière dont elle su trouver, avec son mari, le parfait équilibre entre voyages et routine, vie pro et vie perso, réalisation de soi et temps accordé aux enfants.
Bref, on va toutes être jalouses ou complètement inspirées par la vie de Solène à la fin de cet article !

dessin crayons Solene Debies

Illustration © Solène Debiès

SOLÈNE ADOPTE NANTES

Solène est bretonne et comme souvent chez les bretons, elle a les gènes de l’aventure et de la nature. C’est donc assez instinctivement qu’elle a adopté une vie saine dans un endroit calme, sans pour autant vouloir se priver du reste du monde.
Ayant suivi un cursus scientifique au départ de sa scolarité, Solène ne tâtonne pas mille ans pour choisir son chemin.
Elle devine que le temps qu’elle va passer à travailler durant toute sa vie ne peut être dédié à autre chose qu’au dessin et s’inscrit à l’école Pivaut, un cursus d’Arts Graphiques, à Nantes.
Et cette ville, les amis, l’essayer c’est l’adopter ! Des années plus tard, après de multiples périples et rencontres, après le soleil d’Asie et les senteurs des souks, après les mers chaudes et la cahutes isolées, c’est pourtant à Nantes qu’elle revient toujours, qu’elle réside encore quelques mois par an et que je la rencontre pour la première fois.

illustration Nantes Solene Debies

 

« Moi, quand je suis à Nantes, j’aime me promener dans la ville
à la vietnamienne,
c’est à dire à l’arrière sur le scooter de mon homme »
.

« J’aime ainsi humer la brise marine qui envahit les bords de Loire lorsque la marée monte, prendre le bac pour aller boire un verre de muscadet à la Civelle à Trentemoult, parfois pousser jusqu’à Pornic quand il fait beau pour aller lézarder sur une plage de l’Atlantique, et enfin revenir le soir pour déguster un sandre au beurre blanc dans une petite auberge du Bouffay ».

Sa maison est un peu comme elle. Elle ne se laisse pas approcher facilement. On doit la mériter. Mais quand on entre au coeur du salon, alors là, je découvre une merveille d’accueil.
Je suis attendue avec le thé et quelques petits gâteaux, et comme le temps nous le permet, nous papotons sur la terrasse en pilotis au dessus du jardin foisonnant de verdure et de grimpants. Nous avons vue sur l’appentis du jardin, une charmante maisonnette qui campe le décor de ce qui fut jadis le bureau de son mari, designer sonore, pour qu’il s’isole du reste de la maison et crée en paix.

Ah oui, je ne vous ai pas dit ! nous sommes ici dans une famille de créatifs !

J’ai aussi le droit d’entrer dans son atelier, un bel espace tout blanc et bois, aux touches de couleurs et jolies illustrations qui ont suivi ses périples, un éléphant d’Asie, une serial shoppeuse New-Yorkaise, une parisienne avec béret et marinière, le chic à la française !

atelier Solene Debies

DES ILLUSTRATIONS GAIES ET COLORÉES

illustration mode Solene Debies

illustration femme Solene Debies

Illustrations © Solène Debiès

Vous connaissez déjà son travail sans forcément savoir qu’il s’agit d’elle.

Vous la retrouvez dans la presse féminine et internationale, en couverture de livres, dans certaines publicités pour des marques de beauté, de bagagerie, de haute couture, et même à la télévision puisqu’elle dessine les décors de l’émission et les tenues présentées par la styliste Cristina Cordula tous les dimanches à 10h30 sur la chaine Téva.
Cliquez ici et vous aurez une petite idée de ce qu’elle fait aux côtés de Cristina-la-sublaïme !

illustration mode Magnifique Teva Solene Debies

Illustrations © Solène Debiès

« Voici un petit mix d’illustrations de mode créées pour l’émission «Magnifique by Cristina». On y retrouve tous les styles: chic, bohème, girly, fleurie, executive woman, et on va de la marinière à la veste léopard ! ».
Et bien sûr, vous aussi vous trouvez ça « Magnifaïque ! » 😉

La liste de ses clients est impressionnante, et certainement pas exhaustive : magazine Elle, groupe Marie-Claire, Biba, Gala, Nail Pro magazine (USA), Groupe Parenting (USA), Editions Plon, Pocket, Hachette, India Book House, Exacompta , Tupperware, Nestlé, Inno (Belgique), Passion Beauté, Garnier, Ictyane, Phyto, Caron, Givenchy, Lancôme, Delsey…

illustration ictyane Solene Debies

illustration pour packaging Ictyane Solene Debies

Son univers est très féminin. Alors forcément dessiner la mode, les accessoires, les couvertures de livres, la beauté ou les parfums n’a plus de secret pour elle.
Dernièrement, de nouveaux projets internationaux d’envergure qu’elle m’a autorisée à révéler ici se sont concrétisés : « une série d’illustrations pour la marque Garnier, des dessins pour une jeune chef à Dubaï, et une collaboration pour un blog en Chine, autour de la santé / beauté ».

GUIDÉE PAR LES RENCONTRES

J’ai trouvé très surprenant qu’une personnalité comme Solène semble si détachée du brouhaha du succès et de la notoriété.

Elle n’a pas de plan de carrière, pas d’ambition particulière. D’ailleurs, c’est bien simple, pour tout dire, elle n’a pas d’agent officiel et n’a même pas besoin de passer du temps à commercialiser son travail ou entretenir son réseau. Les sollicitations viennent d’elles-mêmes. Ce sont les rencontres qui ont fait et qui font encore son parcours. Elle fait confiance à son destin.

illustration Elle Solene Debies

Illustrations pour ELLE India © Solène Debiès

illustration mode Solene Debies

Elle est connue de son milieu artistique. Alors elle a la chance de pouvoir laisser les choses venir à elle…

Ce que les marques viennent chercher chez Solène ? sa capacité à percevoir, analyser, mettre l’accent sur une attitude, ou esquisser une actualité, un fait de société. Le tout avec son trait féminin et coloré, ses dessins se distinguant par leur fraicheur et leur humour.

Voilà une parisienne à vélo, une fashionista qui sort d’une boutique de shoes, ou encore une maman en voyage avec ses enfants. Les femmes qu’elle représente sont positives et actives. On se dit qu’on pourrait être elles. Bref c’est nous, mais en mieux !

illustration femme Solene Debies

illustration spa piscine Solene Debies

INSPIRÉE ET INSPIRANTE

Solène ne cherche pas plus de clients qu’elle ne cherche d’inspiration.

C’est déconcertant de facilité comme tout cela vient à elle avec la plus grande décontraction. «Il y a une part de chance, et une part de ténacité» admet-elle.

Tiens, par exemple : alors qu’elle est contactée par la marque Delsey pour personnaliser des bagages in situ dans une boutique parisienne de la marque, elle raconte simplement sa passion des voyages et la voilà propulsée égérie-bagagerie (vous ne saviez pas que c’était un métier n’est ce pas, et bien moi non plus !), à sillonner le monde avec mari, enfants et valises de la griffe sous tous les tropiques.

Pour Delsey, elle joue le jeu à fond avec son mari, Marc, et leurs deux filles qui se retrouvent en version 2D, héros de papier des aventures de la marque de bagages.

illustration Delsey Solene Debies

Mais, ne croyez pas pour autant qu’elle se soit laissée séduire par le chant des sirènes et la douceur des vies rêvées, embellies par les retouches Photoshop et les filtres d’amour simulé. Solène a la tête bien calée sur les épaules (ai-je besoin de rappeler qu’elle est bretonne ?), et quand elle déplace sa tribu trois mois par an en Asie, elle en profite pour rendre visite à des clients internationaux (Elle India notamment), continuer à instruire ses filles comme si elles allaient à l’école, et à leur procurer le cadre nécessaire à leur éducation.
Pour celles et ceux qui ont vu le film Captain America, alors là, on n’y est pas du tout !
Attention j’ai parlé d’une famille de créatifs, pas d’originaux déconnectés.

« Ce ne sont pas trois mois de vacances » me dit-elle,« ce sont des jours d’ouverture au monde, de découverte, de sensibilisation, de créativité et d’apprentissage. Et pas que pour les enfants. »
Ce sont des périodes où la vie trépidante et cadencée par les rythmes scolaires ou professionnels et l’environnement citadin ne la touchent plus. Elle peut sentir, toucher, se poser, observer, et laisser venir les images imprimer son cerveau.
Pas de carnet recenseur, de classement de photo datées, pas de classeur à thèmes, ni de to-do-list. Solène fait fonctionner ses 5 sens puis fera marcher, le moment venu, sa mémoire gravée de ces instants privilégiés passés en voyage à l’autre bout du monde, en famille.

Vous l’aurez compris, ce qui l’inspire relève de l’immédiateté et ne s’explique ni ne se liste.
C’est du domaine de l’impalpable, comme le sourire d’une femme au marché d’épices,
la couleur d’un sari, la beauté d’un imprimé ou d’une grille dans la rue, les statues d’un temple ou des ombres suggestives…

Ensuite, c’est de l’intelligence et de l’empathie qu’elle doit déployer pour comprendre ce qu’une marque attend d’elle et de ses illustrations :
Y a-t-il un brief explicatif ? quelle est l’histoire de cette marque ? quels mots l’identifient ? l’illustration est-elle prévue pour un événement particulier ? quelle est l’actualité ? quels éléments vont camper son propos ? quels personnages ? dans quelle situation ?
On ne s’éternise pas sur ces questions :
« Cet hiver, c’est décidé, nous irons à Cuba et au Mexique ! » me glisse-t-elle, taquine, à la fin.
– Dis, je peux me faufiler dans ta valise, nous on aura nos pieds recroquevillés dans nos UGG fourrés pour tenir jusqu’au retour des beaux jours… han, je veux partir moi aussi pour chercher l’inspiration au soleil !!!

Solene Debies Angkor Cambodge

Et quand elle devra, une fois la tribu rentrée dans leur maison nantaise, au début du printemps, organiser des goûters d’anniversaire, des picnics ou des activités créatives avec les enfants, que croyez-vous qu’il se passera ?
Avec la même capacité d’adaptation à un nouveau rythme ou un nouveau cadre, elle se transformera en nounou préférée et distribuera aux enfants des photocopies noir et blanc de ses dessins qu’ils seront ravis de mettre en couleur à leur tour !

QUELQUES QUESTIONS INTIMES À SOLÈNE…

Il faut que je vous dise aussi. Solène est un mystère un peu dur à percer, elle ne se livre pas si facilement. Et surtout, il m’a semblé que mes questions sur ses envies, ses passions, ses projets, ses convictions, ses révoltes, captaient son attention mais que sa modestie naturelle la poussait à ne pas se mettre en avant, probablement convaincue qu’elle n’est pas si différente de nous toutes et qu’elle aimerait tout de même garder un peu de son jardin secret.

Tout ce que j’ai appris d’essentiel sur elle est ici :

illustration paris velo Solene Debies

Où fais-tu tes courses ?

Solène  > Où que je sois dans le monde, je vais au marché local. Et pour les vêtements, je n’ai pas d’adresse attitrée, je vais là où j’ai un coup de coeur, en général des petites boutiques indépendantes.

Quel genre de consommatrice es-tu ?

Solène > Raisonnable et raisonnée.

Penses-tu que ce sont les voyages qui t’aient amenée à consommer ainsi ?

Solène > Certainement que ça y a contribué, car nous voyageons léger. Pas de garde-robe à rallonge ou de valises de chaussures. On voyage efficace !

Les voyages, ça ouvre aussi les yeux sur d’autres priorités, sur les gens, les modes de vie, les différences de niveaux sociaux.

Solène > Oui et sur les conséquences de nos modes de consommation. On prend conscience de tout un tas de choses dès qu’on voyage. On est forcément changé en revenant.

J’ai vu que tu as illustré un livre intitulé «mini-kit de survie de la nana bio : 200 conseils pas chers tout au long de l’année» de Marie Beuzard & Isabelle Delannoy, ainsi que Anne Ghesquière, de www.femininbio.com . Alors ça me donne envie de te parler de bio.

Solène > Nous faisons attention à ce que nous consommons, nous cuisinons beaucoup. Quand nous achetons une pizza du commerce (parce que ça arrive à tous d’être fatigués ou à la bourre avec un frigo vide un dimanche de retour de weekend par exemple, même à Solène et ça c’est quand même rassurant !), même les enfants s’en plaignent «ha non on préfère une pizza maison !».
Dans l’ensemble, nous avons nos habitudes avec des commerçants du quartier ou sur le marché d’à côté. Nous mangeons beaucoup de poissons ou coquillages de la côte (nous avons la chance d’avoir une poissonnerie à 30 mètres !), peu de viande, et de temps en temps une bonne volaille de ferme. C’est délicieux, bon pour la santé et en plus ça aide le tissu économique local !

Question vêtement, lingerie, chaussures, je sais bien que j’insiste, mais c’est mon métier depuis très longtemps alors je ne peux pas m’empêcher d’être curieuse à ce sujet. Es-tu sensible aux tendances ? peux-tu craquer pour une fringue parce que c’est la mode ?

Solène > Oui bien sûr comme tout le monde j’imagine. En plus, avec mon travail pour l’émission télé de Cristina Cordula, je me dois de me tenir informée des tendances, des nouvelles couleurs, formes ou matières. Je sais aussi quel vêtement choisir en fonction de sa morphologie. J’y fais attention dans mes illustrations.

Quel est ton dernier achat coup de coeur par exemple ?

Solène > Aux Galeries Lafayette, j’ai acheté un manteau en tweed vert avec des touches dorées. Un bijou !

Que penses-tu de la récup, du vintage, des friperies ?

Solène > Je n’ai pas adopté ce type de consommation de manière systématique. Pour ce qui est de la récup ou des friperies, il faut passer du temps à chiner, fouiller, trier. Moi, quand j’ai du temps, je le passe plutôt en balade à la mer avec les enfants, à bricoler ou à faire des gâteaux à la maison.

Dirais tu que tu as une vie de rêve ?

Solène > Je ne me le dis pas vraiment, mais j’aime ma vie. D’ailleurs, nos enfants grandissent, et le rythme que nos années avaient pendant les périodes de petite enfance va forcément être différent maintenant qu’on entre dans l’âge du collège. Ce sera certainement moins facile de gérer une scolarité en dehors de tout cadre. Il va falloir qu’on change, qu’on s’adapte à cette nouvelle situation, qu’on s’invente une autre vie.
Mais ni moi ni mon mari ne savons encore où ni à quoi elle va ressembler.

Tu penses continuer ton métier d’illustratrice ?

Solène > Bien sûr ! je n’ai jamais envisagé de ne plus dessiner. Mais je m’ouvre à tout, je peux aussi découvrir un nouveau métier, développer une nouvelle activité, qui mettrai en scène mes dessins sérigraphiés. Je pense actuellement à lancer une ligne de vêtements et mes illustrations seraient parfaites sur un tee-shirt, du linge de maison, ou de plage, en accessoires. Rien n’est défini. Tout est à faire.

J’ai une dernière question à te poser, de la part de Claire Colin, l’invitée de septembre dans les «Belles Histoires» de The Chatterbox Club :
«Quels nouveaux chemins empruntes-tu pour te renouveler dans ton art ?»

Solène > Je puise mon inspiration dans les voyages, l’exploration de cultures différentes, mais aussi dans la vie quotidienne, au coin de ma rue, au restaurant, dans ma famille et avec mes amis.

Maintenant, Solène, si tu avais une question à poser à ton tour à la prochaine personne créative invitée à se dévoiler dans le blog, quelle serait-elle ? »

Solène > Que fais-tu pour te construire une vie que tu aimes ?

illustration femme vélo ile de ré Solene Debies

Merci Solène pour ton temps et ta disponibilité.
Tu fais maintenant partie de l’histoire de
The Chatterbox Club, alors je te dis :
BIENVENUE AU CLUB !


Contacter Solène pour une mission freelance, une illustration ? C’est par là !
Sur ce lien vers son site, vous trouverez aussi une version anglaise de cet article.


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Portrait Claire Colin réalisé par photographe Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Claire Colin, designer textile

1000 1000 The Chatterbox Club
Portrait Claire Colin réalisé par photographe Elliot Aubin © The Chatterbox Club

photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

 

« Mon chemin a été jalonné depuis l’enfance par des personnes et des rencontres qui m’ont guidée dans ma créativité, je sais qu’elles n’étaient pas là par hasard ».

Claire Colin.

Et de la créativité, elle en a à foison, Claire.
Rien que par sa chevelure généreuse, on sent que cette personnalité bouillonne d’idées et d’énergie.

Si je l’ai contactée, c’est parce que son univers m’a parlé, à la fois féminin, graphique, moderne. Une inspiration un brin rétro dans son travail qui m’a plu aussi.
Quand nous nous sommes appelées, la première fois, par téléphone, on s’est immédiatement découvertes quelques points communs dans nos parcours et elle m’a glissé « quand on doit rencontrer quelqu’un, c’est toujours au bon moment ».

La vie est faite de «synchronicités», ces moments magiques où l’on devrait écouter sa petite voix et la laisser nous guider.
Ce ressenti vous semble familier ? Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ?

C’était le bon moment pour nous rencontrer. Je vous propose que ça le soit pour vous aussi.

UN TALENT MULTIFACETTES

Claire Colin est une slasheuse : designer textile freelance / graphiste / illustratrice / dessinatrice d’imprimés / créatrice de bijoux / conceptrice de papeterie / transmettrice de savoirs, et j’en oublie surement. Son talent est multifacettes.

Pourquoi se restreindre quand on peut trouver du plaisir à faire tout !?

J’aime ces profils de personnes atypiques, déterminés mais qui savent rester tendres.

Les échanges que nous avons eu lors de cette rencontre, sa manière de m’expliquer comment se faire confiance a changé sa vie, la sagesse qui se dégage d’elle, tout cela m’incite à partager maintenant cette rencontre avec vous.

Photos de Pauline Ruhl (atelier) & Elliot Aubin (portrait) © The Chatterbox Club

atelier Claire Colin

Claire collabore sans prétention avec de grandes marques, et compte de beaux succès commerciaux, notamment pour des marques comme Paul & Joe, IKKS, Derhy. Elle réalise pour eux des motifs qui s’impriment sur des vêtements féminins.

Imprimés Paul & Joe

Elle a esquissé des dessins de dentelles, de broderies, qui deviendront des parures de lingerie féminine.
Depuis de nombreuses saisons, elle participe également à l’élaboration des cahiers de tendances deux fois par an pour le célèbre bureau de tendances Nelly Rodi.

Ses imprimés se retrouvent également en version papier sur des articles de papeterie. Sa récente collaboration avec Pascale Edition a vu ses cartes, (j’adore la ‘Bonjour’ et la ‘Merci’ 😉 ), se retrouver notamment en vente au Centre Pompidou, à Paris.

Série de cartes pour Pascale Edition

Parfois, elle met ses qualités d’illustratrice au service de quelques jolis objets ou emballages, notamment sa collaboration avec le Chocolat des Français, ou Starbucks Asia pour Paul & Joe.

Packaging Le Chocolat des Français Claire Colin

Le Chocolat des Français

Starbucks Asia Claire Colin

Starbucks Asia


En ce moment, son travail se concentre plus particulièrement sur la recherche de découpages et de superpositions. Le côté joueur des associations de couleurs lui va bien, les creux et les pleins, et toujours la dérision et l’humour.

Saurez-vous retrouver :

Avoir une mémoire de poisson rouge,
des étoiles dans les yeux,
le coeur sur la main,
un cheveu sur la langue,
un coeur d’artichaut ou
verser des larmes de crocodile ?

Cartes découpées EXPRESSIONS FRANÇAISES

Claire a un petit carnet dans lequel elle note toutes ses fulgurances, petites phrases, expressions populaires, associations d’idées et de mots qui vont la nourrir et lui servir pour sa papeterie-découpage. Elle nous réserve des surprises pour cette rentrée, suivez-la sur son compte Instagram, et vous en saurez plus le moment venu !

Découpages 2 Claire Colin

Découpages

Photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

L’AVENTURE ETSY

Comme elle est curieuse, et qu’elle n’impose pas de limite à sa créativité, Claire réalise aussi une ligne de bijoux très originaux, faits d’entrelas de fils plastiques qui tissent un graphisme harmonieux, aux lignes un peu Art Déco, mais aussi ethniques et même organiques.

Je vous invite à aller découvrir la formidable technicité de son travail dans sa boutique Etsy.

«Croiser une fille dans la rue qui porte un de mes imprimés ou un bijou que j’ai créé, c’est comme un cadeau que je lui ai fait, et qu’elle me fait à son tour, en secret. J’aime l’idée que ma création ne m’appartienne plus et que quelqu’un se la soit appropriée».

Bracelet black gold Claire Colin


Collier Reglisse Claire Colin

Bracelet noir Claire Colin

Bracelets black et or Claire Colin

packaging Claire Colin

© Claire Colin

COMME UNE EVIDENCE

Maintenant que vous savez ce qu’elle fait de ses mains, découvrons son parcours.

Photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Commençons par ton enfance, tu as toujours su que tu serais une artiste ?

Claire > J’ai un problème avec le fait de me reconnaître comme une artiste. 
Sinon, oui, petite, j’ai rapidement su que je ferai des choses de mes mains.
Enfant, je pouvais rester des heures à m’occuper à créer. Je fais partie d’une famille de créatifs, sans qu’ils soient pour autant des artistes reconnus. La créativité a toujours été un moteur dans ma famille, une machine à coudre à disposition, les visites dans les musées avec ma mère qui m’a ouverte à l’Art, le mobilier que mon père concevait. J’ai toujours été sensible à ce qui pouvait nourrir ma créativité.

Dans son parcours scolaire aussi, son chemin a été jalonné de gens qui l’ont guidée :
« ça a commencé dès la primaire. Un instituteur passionnant m’a fait découvrir Picasso, une révélation ». Puis le collège, et la section littéraire du lycée. Rien de pouvait l’arrêter, pas même le fait d’avoir dépassé la date limite des inscriptions pour la section Arts Appliqués du lycée. Pas grave ! Déjà Claire a la conviction que « si ça ne devait pas se faire, ça ne devait pas se faire ! autre chose m’attend ».

Et la voilà, après une MANAA (prépa pour intégrer une école d’Arts), entrée à Duperré pour six années de stylisme, graphisme, art textile et impression.

Un cursus qu’elle a adoré et qu’elle recommande.

SE FAIRE CONFIANCE

Claire habite à Nantes la plupart du temps, mais bouge souvent, consacre du temps aux expos, aux festivals, aux manifestations créatives et garde constamment un pied dans Paris. Un peu comme on aurait la tête dans les nuages et les pieds sur terre.
Cette distance maîtrisée lui permet de se détacher de la frénésie parisienne quand elle en a besoin.

Elle est installée dans une rue passante du centre ville, dans un quartier qui bouge.

Pourtant son appartement est cosy, feutré, accueillant. Les couleurs sourdes des velours et du lin se répondent et appellent au confort.

Elle affectionne une déco hétéroclite et abondante, constituée partiellement des objets qu’elle crée, d’affiches et de toutes sortes de choses qui l’inspirent.
Ici, rien n’est figé, ça vit !

Photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

« J’ai immédiatement eu un sentiment positif à propos de Nantes. Je me suis fait confiance en arrivant ici. Cette ville est ultra innovante, elle nourrit ma créativité » dit-elle, comme une force tranquille.

Parlons confiance et créativité justement…

« Ce n’est pas si facile de se faire confiance, même quand on sent qu’on est dans sa voie et qu’on ne pourrait rien faire d’autre. Peut-être parce que le processus créatif recèle lui-même une part de doute, de tentatives et d’hésitations. »

Alors, il faut du temps pour apprendre à canaliser son énergie, à ne plus avoir peur du lendemain, à surpasser cette crainte de ne pas réussir à décrocher des projets par exemple, trouver les ressources en soi pour ne plus douter de sa valeur.

Ça vient avec la maturité certainement.
« j’ai aussi appris avec le temps à me détacher du lien qu’on établit entre création et labeur. Non, on n’est pas obligé de souffrir pour créer ! Et même, quel soulagement de découvrir à quel point il est bénéfique et satisfaisant d’arriver à créer, tout autant et même mieux, dans la joie ».

Se faire confiance vient aussi du fait de bien se connaitre et d’être à l’écoute de sa voix intérieure, de ce que son corps exprime, des sentiments qu’on éprouve.

INSPIRATIONS & PROCESSUS CRÉATIF

Le mystère de l’inspiration des artistes. Comment savoir ? Comment expliquer ? Où trouver la source ?

Les fleurs, la nature, le graphisme d’une architecture, le style d’une grille ou d’une moulure, la féminité et la rondeur d’un fruit, le corps de la femme, des mots. Tout peut l’inspirer. « Mon style est rond et fort, je suis très sensible au floral mais plus graphique que romantique. »

« L’inspiration, je la trouve dans le beau, dans l’art, dans l’énergie des gens et dans le voyage sous toutes ses formes. »

  • « Les jungles du Douanier Rousseau m’émerveillent. Elles sont d’autant plus étonnantes de réalisme quand on sait qu’il n’a jamais voyagé ! Parfois, le voyage est intérieur. »
  • Le « Voyage à Nantes » est particulièrement inspirant. Ce parcours d’édifices pérennes et éphémères en ville regorge de surprises. « Cette concentration d’oeuvres et d’esprits créatifs venus du monde entier qui investissent une ville le temps d’un été est fascinant. »

  • Cet été, elle est aussi allée au Festival d’Avignon. « Voyager, s’ouvrir à la découverte est aussi important que de savoir se poser ensuite. »

Claire ajoute : « deux choses ont amélioré mon processus créatif :

– j’ose dorénavant dire non à des propositions, j’ai décidé de me donner plus de temps, du recul, d’appuyer sur le bouton « pause ».
– je canalise mieux mon bouillonnement créatif en ne conservant que trois pistes sur un projet plutôt que dix, comme j’en avais l’habitude. L’épuisement ne rend pas service. Je gagne en temps, en qualité de travail, en efficacité. »

Portrait de Claire Colin par Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Dans son travail, elle a observé que la solitude totale ne lui convenait pas ; alors elle s’est installée aux Ateliers de la Ville en Bois, lieu accueillant 12 créatifs qui échangent, partagent et se soutiennent dans leurs projets respectifs.

les Ateliers de la Ville en Bois

« C’est bon d’appartenir à une communauté bienveillante. Ça aussi, c’est important dans le processus créatif. »

Si vous êtes sur Nantes ou de passage le week-end prochain, sachez que la Balade des Ateliers, les 22, 23 et 24 septembre, vous permettra de découvrir le quartier dans lequel se trouve son atelier, rencontrer Claire et certainement une foule d’artistes et de créatifs passionnés et passionnants.

Personnellement, j’ai daté mon agenda !

LA FEMINITÉ

La féminité et même la sororité tiennent une place importante dans la vie de Claire.
Je pense que c’est grâce à cela que je me suis sentie tout de suite très à l’aise avec elle.
Elle écoute et partage. Elle transmet. Elle aime créer et entretenir du lien.

Nous avons longuement parlé de féminité, de la place des femmes, ce qu’on reçoit en héritage des générations de femmes précédentes, d’éducation, de transmission : « J’ai moins reçu que je n’aimerais transmettre, il y a tant à faire pour mieux se connaître. Mieux se connaître, c’est la clef de la confiance en soi, en sa créativité et en ses intuitions. Ça vaut la peine, la vie change quand on a compris ça. »

La transmission fait partie de son mode de fonctionnement. Jury au Lycée de la Mode, Claire tient également, dès cette  rentrée, des ateliers pour les 1ères et 2èmes années à LISAA (Institut Supérieur de Design et d’Arts Appliqués) en section design textile.

Claire est aussi une femme concernée et inspirée par les autres femmes, comme l’artiste contemporaine et engagée Mona Hatoum (dont le travail est orienté par le féminisme et le statut des femmes dans la société).

Enfin, le fait que le Festival Imagyna – l‘Éveil du Féminin – l’ait contactée pour lui demander de créer l’affiche de l’événement, n’est pas un hasard. Cela fait écho à ses illustrations et découpages intitulés Flores Vaginas.

cartes postales Claire Colin

Graphismes sur le thème de la féminité

« Ce travail a quelque chose de très personnel et d’absolument universel en même temps. »

RÉVÉLATIONS PERSONNELLES

10 questions pour la connaître plus intimement :

Portrait de Claire Colin par Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Photo Elliot Aubin © The Chatterbox Club

Une petite faiblesse ?

Claire  > les chaussures et aussi la lingerie.

Ta lingerie dit quoi de toi ?

Claire > elle est jolie, pratique, féminine, de couleur et souvent en dentelle. Je suis une anti-nude. C’est quand même beau une bretelle colorée et fantaisie qui dépasse d’un décolleté.

Ton rapport à la mode ?

Claire > Je me suis calmée. Je consomme différemment. Moins mais mieux. Je fréquente de plus en plus les friperies. Sur Nantes, j’adore «chez Pepette», toujours une belle pièce ou un accessoire. Impossible de repartir les mains vides.

Je suis globalement en overdose des diktats de la mode. Je suis une révoltée de la Stan Smith ! Le phénomène se calme actuellement, mais je n’en pouvais plus de les voir partout alors que j’adore les miennes depuis des lustres. J’ai boycotté.

Ton dernier coup de coeur ?

Claire > À la boutique Empreintes à Paris (le concept store parisien des Métiers d’Art), j’ai craqué pour une broche très poétique de Cécile Chareyron, une sculptrice qui m’a beaucoup touchée.

Ce qui te rend plus forte ?

Claire > Marcher sous la pluie, pleurer, l’eau ça lave, ça nettoie. J’habite à côté du miroir d’eau, ce n’est sûrement pas un hasard.

Ce qui t’émeut de manière incontrôlable ?

Claire > Une odeur. L’olfactif me plonge dans une émotion profonde.

Une lecture qui t’a transportée ?

Claire > Sans hésiter, je réponds «Coeur cousu» de Carole Martinez. L’univers fantastique, la magie et la poésie de ce roman m’ont tellement touchée que j’ai perdu le goût de la lecture pendant un temps, de peur de ne pas relire quelque chose d’aussi fort.

Ah si ! je pense aussi à «La mécanique du coeur» de Mathias Malzieu. Très bien !

Puisqu’on sort de l’été, je ne résiste pas à l’envie de te demander : tes vacances idéales ?

Pamukkale Wikipedia

Claire > Surtout, surtout jamais au même endroit ! Prochaines destinations : le Portugal ou les bains de coton à Pamukkale, au sud-est de la Turquie.

 Si tu posais une question au prochain invité de
The Chatterbox Club ?

Claire > Pas facile parce que je ne sais pas qui sera cette personne ni dans quel domaine elle exercera… donc ça doit être une question qui s’applique à la création en général. J’aimerais qu’il/elle me dise : “Quels nouveaux chemins empruntes-tu pour te renouveler dans ton art ? ”

J’ai été ravie que tu acceptes mon invitation.
Merci de ta disponibilité et puisque tu fais maintenant partie de l’histoire de ce blog,
je veux te dire :
BIENVENUE AU CLUB !


Contacter Claire pour une mission freelance ? C’est par là !


Ressources :
Le Voyage à Nantes s’est terminé le 27 août, mais vous pouvez penser à venir en été 2018 pour de nouvelles surprises !
Empreintes concept-store : 5 rue de Picardie 75003 Paris
Chez Pepette , friperie chic : 8 quai Turenne 44000 Nantes
Cécile Chareyron, à la croisée du design, de la sculpture et de l’artisanat
«Le coeur cousu» de Carole Martinez
«La mécanique du coeur» de Mathias Malzieu
Pauline Ruhl  / Photographies de l’atelier de Claire : merci de m’avoir autorisée à utiliser tes clichés.
Elliot Aubin / Photographe pour les portraits : merci de nous avoir accordé de ton temps pour une séance shooting. J’espère te retrouver à nouveau sur ce blog pour de prochaines collaborations.


Si vous voulez réagir à cette entrevue,
laissez votre petite voix intérieure s’exprimer,
votre commentaire intéresse les créatifs…

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Flora Borsi Chien Animaleyed

Flora Borsi, photographe portraitiste

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Flora Borsi Chien Animaleyed

«l’Art est une thérapie qui m’aide à faire avec mes émotions».
Flora Borsi.

Je vous amène dans l’univers de Flora Borsi, toute jeune photographe hongroise et artiste-poète de son état, bien que déjà internationalement reconnue dans le domaine du «fine art» . Et il y en a des choses à voir…


L’art visuel de Flora

Comme tous les photographes, Flora travaille et développe son art par succession de séries. Non seulement germe en elle l’idée de la photo, de la mise en scène, puis elle shoote, mais à la fin elle retouche et fait mouche !

Car, oui, Flora est passée experte ès-Photoshop. Elle peaufine, incruste, métamorphose et manipule, il faut bien le dire, les images avec sa palette graphique et sa souris. Elle les transforme en véritables oeuvres d’art.

C’est d’une série en particulier dont j’aimerais vous parler, puis vous la faire découvrir en images : ANIMEYED.


Créativité, perfectionnisme et extrême poésie

C’est en faisant un selfie avec son chien, qu’elle a trouvé l’idée et l’a développée à un niveau artistique pour l’étendre ensuite à d’autres animaux.

C’est donc l’histoire d’un hasard. Comme pour beaucoup de belles réalisations, le hasard a fait son oeuvre.

Certains diraient «il n’y a pas de coïncidence, il n’y a que des rencontres» .

La série ANIMEYED, de la contraction de ANIMAL + EYE, était née.

Après l’idée, le génie créatif est venu, l’inspiration d’associer son portait à l’image d’un animal et de les faire se rejoindre par le regard.

Ce qui a guidé Flora ? c’est l’envie de créer, dans une complexe harmonie de couleurs et de textures, une forme de métaphore pour évoquer nos relations aux animaux et comme ils font partie intégrante de nous, de notre monde, et de révéler les similitudes entre deux êtres pas si différents finalement.

Flora Borsi Poisson Lune Animaleyed

Flora décide alors de superposer son portrait scénarisé avec la tête d’un animal, de manière à faire coïncider leurs yeux, et même de le singer ou d’intégrer sa charte graphique.

Pour les curieux, entrez dans les coulisses ! et regardez cette vidéo sur son process créatif et le perfectionnisme qu’il faut pour réaliser ces images, ça dure moins de 4 minutes.

Je vous laisse à la rêverie de découvrir les autres clichés de cette série, qui parlent d’eux mêmes.

Flora Borsi chat Animaleyed

Flora Borsi flamant rose Animaleyed

Flora Borsi corbeau Animaleyed

Flora Borsi caméléon Animaleyed

Flora Borsi ecureuil Animaleyed

Flora Borsi colombre Animaleyed

Flora Borsi serpent Animaleyed

Flora Borsi poisson Animaleyed


Où est l’oeil du tigre ?

Les photos de Flora ont souvent à voir avec le regard, ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas, ce qu’on pourrait voir ou encore comment on est vu. Tout passe par l’oeil ou le viseur. Celui de la photographe bien sûr.

Elle estime entre 15 et 20 heures de travail sur chaque image, depuis la conception, le maquillage, la coiffure, la prise de vue, puis la recherche de l’image animale adéquate et enfin toute l’étape de retouche digitale qui représente les deux tiers du temps d’élaboration de l’oeuvre.

Ce qu’elle cherche dans ces images surréalistes ? à nous interpeller bien sûr, à attirer notre attention sur les questions des relations, de l’identité, de l’intimité, des émotions.

Cette série relate de la relation de l’Homme et l’Animal.

Mais comme ce ne sont que des autoportraits, on pourrait aussi dire que ça parle de la relation de la Femme à l’Animal. Si c’est celui qui sommeille en elle, alors, vous ne trouvez pas qu’il manque l’oeil du tigre !?

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casque Marshall

Mes 5 découvertes Podcasts

500 500 The Chatterbox Club

casque Marshall

 

 

Je me suis récemment découverte une passion pour les podcasts : un nouveau monde s’ouvre à moi. Vous y entrez  ?

Un espace de respiration

Chaque instant volé au quotidien rythmé est une excuse pour s’évader et découvrir de nouveaux podcasts. J’ai même délaissé quelque peu la musique et mes playlists mensuelles ces derniers temps. Avec les podcasts, je respire !

Que je sois dans la voiture, dans le train, une salle d’attente, n’importe où, j’enfile vite-fait mon casque ou mes écouteurs. Et c’est parti pour la découverte !

Parfois, je m’y attarde, j’en essaie un, puis deux, et emballée devant le ton, la voix, les sujets traités, je m’abonne. C’est comme un gâteau succulent qu’on savoure cuillerée par cuillerée, et sans s’en être vraiment rendu compte, on a fini le plat et on se sent contenté de ce plaisir sucré.

D’autres fois, quelques minutes me suffisent pour savoir que je n’y reviendrai pas.

C’est d’ailleurs marrant de constater à quel point la voix et l’élocution de quelqu’un, surtout là, au creux de l’oreille, nous séduit ou nous repousse. Si je ne connais pas le visage du narrateur ou de l’invité, j’aime à en deviner les contours, la personnalité, les émotions qui peuvent pointer au détour d’une phrase ou d’une respiration.

Avide d’apprentissage

Ce que j’aime dans les podcasts, c’est apprendre quelque chose, que ça m’ait nourri à la fin. Et si je peux m’en servir plus tard, m’en souvenir en référence, ou me sentir grandie, alors c’est un bonus.

Ah oui, le podcast c’est, pour moi, davantage que la simple émission radio divertissante, cela a une fonction plus haute car pour me contenter, il doit m’instruire.

J’ai une nette préférence pour les formats d’environ 30mn, et en français.

Mais comme une jeunette dans le domaine, mon avidité de découvertes risque de m’amener vers des territoires encore inconnus, vers des versions anglophones, des sujets  plus ardus, des durées de plus d’une heure, qui sait ?

Si je fais des nouvelles trouvailles, je partagerai bien sûr !

Des choix féminins

J’ai l’impression que mes préférences plairont davantage aux femmes, bien que les sujets traités soient sinon universels, du moins non-dépendants de notre genre. Mais peut-être que le format podcast a cela d’intime qu’il convient bien aux femmes.

Qu’ils soient de succulentes pâtisseries et des friandises sucrées, voici ma petite liste de plaisirs podcasts :

1. «CHANGE MA VIE» : un Berlingot multicolore

Podcast du jeudi, de Clotilde Dusoulier, c’est le must.

D’abord sa voix, douce et juvénile, qu’on sent curieuse, amusée mais qui apaise.

On pourrait dire, pour simplifier, qu’elle parle de développement personnel. Mais en fait, c’est un peu plus que cela. Elle partage d’une manière très claire et sans jargon inutile ses méthodes pour aborder la vie et ses aléas avec présence, joie et sérénité.

Je ne peux pas vous dire lequel j’ai préféré, tellement ils sont tous une petite pépite. Mais celui de jeudi dernier «le miroir des autres» a fait écho en moi.

Un conseil : prenez les «épisodes» dans l’ordre depuis le début.

2. «LA POUDRE» : un Mistral Gagnant

Un jeudi sur deux, le podcast d’une fille qui parle de féminité et même de féminisme avec d’autres filles.

Je sais qu’elle va râler si elle passe par ici, parce que Lauren Bastide a longuement conversé avec Garance Doré et elles en ont conclu que leur part de femmes s’affirmait avec la maturité et qu’elles n’avaient plus peur des rides que trimbale le mot «femme» par rapport à la fraîcheur que laisse supposer le mot «fille». Néanmoins, je crois pouvoir le dire : c’est un podcast 100% fille, frais et quelque fois irrévérencieux.

La voix de Lauren est un brin sensuelle et mutine, volontairement, et le fait qu’elle reçoive ses invitées dans une chambre d’hôtel ajoute de la sensualité et de l’intimité à l’entretien. On se sent proche et immédiatement projeté dans l’univers de la personnalité dévoilée.

Un conseil : prenez votre temps ou faites comme moi, je l’écoute par petits morceaux car une heure d’affilée, ça peut être dur à trouver dans une journée.

3. «REMÈDE À LA MÉLANCOLIE» : une madeleine de Proust… heu non de Commercy

Eva Bester est mon idole. Elle est brillante, pointue, cultivée et tellement jeune pour avoir autant de références. Et puis on sent son oeil qui frise et la lèvre qui sourit. Elle m’épate. Quel que soit son invité, femme ou homme, de tous horizons, et sans particulièrement avoir d’actualité d’ailleurs, son propos est de faire se dévoiler son invité à travers une série d’hommages et de références à des titres, livres, ou personnages qui représentent pour lui des remèdes artistiques efficaces contre le vague à l’âme.

Dans ce cas, le podcast est un en fait un replay d’une émission radio France Inter, qu’on peut écouter en live chaque dimanche à 10h.

L’irrésistible Vincent Dedienne avoue qu’il doit surveiller sa complaisance à l’égard de la mélancolie, Leïla Slimani qui y puise une forme de force, ou encore Fabrice Luchini très en forme et toujours surprenant. Mais tant d’autres interviews savoureuses d’une durée d’au moins 45mn.

Un conseil : prendre des notes, c’est fou tout ce qu’on apprend !

4. «CURIOZIDÉE» : un brownie au sirop d’érable

Chaque mois, on jazze et on papote ! Le podcast quebécois (ha oui cet accent incroyablement «good vibes») qui s’est donné pour mission de nous présenter des portraits de gens normaux mais inspirants, porteurs de changement, qui participent à une société en transformation.

Deux amies, Clémentine et Aurélie, reçoivent à tour de rôle leurs invités, curieuses de savoir ce qui les a amené à découvrir une idée, à mener des projets professionnels, des modes de vie particuliers, des défis personnels.

Je ne sais quelle interview vous conseiller tellement elles sont toutes inspirantes. Je retiens l’observation de Béa Johnson, auteure du livre Zéro Déchet, qui a totalement transformé sa vie personnelle et professionnelle en adoptant le mode de vie Zéro Déchet. Ancienne artiste peintre exposée et reconnue, elle a renoncé à cette carrière et dit trouver dans la recherche de solutions pour mettre en place ce nouveau mode de vie une forme de gymnastique qui nourrit sa créativité et qui la satisfait pleinement. Inspirant !

Un conseil : 30mn de papotage inspirant, mon format idéal.

5. «LE CABINET DE CURIOSITÉ FEMININE» : de la barbe à papa

Bon, là, on change de registre. Imaginez un rencard entre copines sympas et rigolotes, plutôt autour d’un mojito que d’un thé vert (parfois il y a aussi des hommes qui participent quand même), et on parle clairement de sexe sans se prendre au sérieux. Quelque fois cru, mais jamais graveleux.

Alexia, auteur chroniqueuse pour le Plus du Nouvel Obs, orchestre un débat autour d’un sujet sérieux qui touche (c’est le cas de le dire) au corps de la femme et au sexe, sans tabou ni langue de bois, mais bien sûr avec légèreté.

Un conseil : ça peut être un peu le bordel dans le son du podcast, évitez de l’écouter dans la salle d’attente du médecin ou la queue du supermarché (quoi ?! c’est vous qui avez les idées mal placées…)

Si vous ne connaissez pas encore, testez-les et dîtes moi … vous êtes plutôt Berlingot, Mistral Gagnant, madeleine, brownie ou barbe à papa ?  😉

 

Credit photo de l’article : MARSHALL headphones

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Olivia Steele, artiste de lumière

560 560 The Chatterbox Club

J’aimerais vous faire découvrir Olivia Steele, une virtuose du néon.
Sa confession, comme une religion : BE LIGHT. SHARE WISDOM. MAKE MAGIC. *


Une fille de la génération digitale

Olivia Steele est une jeune artiste américaine, née en 1985, elle est une Millennial, une “digital native”.

La génération à laquelle elle appartient se traduit dans l’art qu’elle a décidé d’embrasser et qu’elle maîtrise à la perfection. Le néon. Lumineux. Distant. Percutant. Insaisissable. Intriguant.

On dit les Millenials plus curieux, plus ouverts, plus ingénieux, d’un niveau d’éducation plus élevé que leurs aînés, plus adaptables aussi, flexibles, plus collaboratifs, plus vifs, instantanés, plus réalistes, plus engagés, équilibrés.

Il me semble que l’oeuvre de Olivia Steele reflète absolument toutes ces qualités.

Light art


Light my fire

La typographie par le Light Art, la force et la forme du message, un genre de poésie moderne qu’Olivia Steele a choisi pour déclamer des mots, des phrases et des idées qui provoquent, amusent ou font réfléchir.

Attention. Pas seulement son message compte, le contexte également, que ce soit en intérieur ou en extérieur, tout est juste et ciblé.

Les mots sont simples et francs et prennent toute leur ampleur dans leur environnement, en ville bien qu’on s’attende à les voir apparaître ou en pleine nature où ils créent la surprise.

Ses mots, ses phrases, on pourrait même dire ses maximes illustrent ou sont soutenus par l’environnement dans lequel elle les pose, les confronte ou les réconcilie. Elle réussit à marier la sémantique au décor, pour faire parler des mots au delà de ce qu’ils disent déjà.

Tous les lieux qu’elle choisit, qu’ils soient grandioses, crasseux, inattendus et même improbables, changent de visage une fois qu’elle y installe sa vérité.

« Maybe seeing my truth will set a piece of you free »*

Light art - Olivia Steele


Des mots ciselés comme de la dentelle

Ses mots, toujours précis, parfois irrévérencieux, ou provocants, nous attrapent et suspendent le temps et le mouvement.

Son travail percute à chaque fois, voire il “uppercut” !

Il illustre son imagerie mentale, ses positions, et rend toute chose relative pour peu qu’on prenne un peu de temps, qu’on contemple et qu’on se laisse transporter.

Light art

Ce qui la fait vibrer, qu’elle singularise ou détourne, ce sont les phénomènes d’énergie, les ouragans, les explosions, la vie, l’amour.

Elle oscille entre extrême sincérité et sarcasme poignant, et nous laisse là avec nos propres interrogations. Avec ce que ces mots font écho en nous.

Une forme de sagesse et d’évidence émane de son travail et nous invite parfois à la rêverie. Elle flamboie à mettre en évidence nos contradictions et nos reliefs humains. Elle saisit notre oeil et notre coeur, et nous raconte son histoire dans chacun de ses happenings, comme le miroir de sa génération digitale, étonnamment mature, évoluée et avisée.

Rien de la fait reculer, ni la bombe atomique ni le sexe ou les symboles religieux. Les thèmes qu’elle aborde nous enflamment, nous retournent, nous bouleversent. C’est plus que de la poésie, c’est de la philosophie. Il y a de l’Aristote dans cette fille là.

Mais quel âge a-t-elle vraiment Olivia Steele pour savoir faire tout ça ?

Light art - Olivia Steele

Light art

Light art - Olivia Steele

Light art

Light art - Olivia Steele

Light art

Light art - Olivia Steele

Light art

Light art - Olivia Steele

Light art

Light art

Light art - Olivia Steele

Pour découvrir les oeuvres d’Olivia Steele en vidéo (5mn) c’est ici.

Et pour la suivre, c’est là : son instagram – son facebook – son pinterest

Elle lance : « mon art ne relate pas ce que je vois, mais ce que je vous invite à voir ».

Je suis certaine de ne pas être la seule touchée par cette fille et son art.

Et vous, ça vous parle ?

*sois la lumière, partage ta sagesse, fabrique la magie

* être amené à voir ma vérité libèrera peut-être une part de vous

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